La petite cabane bleue, c'est un WC...Un européen, Nord américain ou Australien « standard » met quelques temps à s'habituer aux conditions de vie à Bluefields (problèmes d'eau chronique, pannes d'électricité tout aussi chronique, chaleur, humidité, nourriture, quelques insectes...). Ces conditions, la plupart des volontaires à bE ont le temps de s'y faire avant de partir dans les communautés où nous sommes implantés.
... Et c'est heureux car là-bas il faut s'habituer à un mode de vie encore moins « confortable » toujours suivant les standards occidentaux. Imaginez une vie dans électricité (bE en apporte un peu avec ses systèmes mais les familles n'en bénéficie pas encore à domicile). Cela implique pas d'eau courante, pas de télévision bien sûr, encore moins d'ordinateur, pas de ventilateurs pour vous aider à supporter le soleil de plomb, une cuisine au feu de bois qui enfume la maison (il paraît que ça sert aussi contre les moustiques).
La vie là-bas, c'est manger du riz et/ou des frijoles à chaque repas (y compris petit déjeuner) tous les jours, se coucher à 20H et se lever avec le soleil, se doucher avec un seau puiser au puits dans un recoin à ciel ouvert et pas vraiment fermé ni fermable... Mais tout ça n'est rien, le plus gros choc « culturel » vient des toilettes, los baños, los servicios, les WC...
Pas d'eau courante donc pas de chasse d'eau donc pas de toilettes « traditionnelles ». Ici ils marchent au toilettes sèches: des sièges en ciment posé sur des énormes trous à m.... On y fait ses besoins dans un trous, idéalement on recouvre de terre, de sable ou de silure, et au bout d'un certain temps on change de trous pour laisser l'autre se « reposer » et recueillir du bon composte.
Autant je trouve l'idée géniale, autant aller au toilette est mon pire cauchemar dans les communautés, surtout la nuit. D'une part, la propreté et l'odeur du lieu est généralement toute relative... en ajoutant à ça la chaleur étouffante de cette espace confiné dont les murs et le toit sont en tôle, on ne s'y attarde pas à lire un magazine (de toutes façons il n'y en a pas ici). D'autre part un microcosme d'insectes rampant et/ou volant s'y développe de façon luxuriante. Les cafards, mes meilleurs amis, y sont les rois. En journée, il n'est pas rare d'en voir un ou 2 parader sur le pourtour du siège, de quoi vous faire réfléchir à 2 fois avant de poser votre derrière sur ce sobre trône. Mais la nuit, les cafards occupent tout le terrain, ils sont partout, sur les murs, sur la porte, sur, autour et dans la cuvette... De quoi vous faire abandonner l'idée d'utiliser ces toilettes plus « civilisé » au profit d'un retour salutaire à la nature (attention toutefois aux crapauds énormes qui rodent dans le coin).
Le pire, vécu par un des volontaires pendant ce séjour à Kahkabila: Alors qu'il commençait ses besoins, une puis 3 chauves souris sont sorties du dis trous à m.... alors qui soulageait sa vessie... Depuis, je regarde les toilettes d'un autre oeil et j'en ai presque (en fait non, loin s'en faut) oublier les cafards. A la fin du séjour, chaque volontaire avait sa petite technique pour vérifier qu'aucun résident de ces trous ne déciderait d'aller faire un tour alors que nous occupions le lieu...
Je m'aperçois à la relecture que cet article donne une idée plutôt pas vraiment accueillante de la vie en communauté... Ne vous y fiez pas. Oui il y a certains aspects du séjour qui sont difficiles, mais sortez des toilettes avec une vue directe sur la lagune, entre 2 palmiers, un arbre à mangues et un avocatier et vous oubliez en un clin d'oeil l'activité animale des toilettes!