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Sunday, 13 January 2008

Circuler à Bogota


Comme dans le reste de la Colombie et la plupart des grandes villes, la circulation à Bogota est assez sportive. D'abord il y a énormément de voitures. Il y en a tellement en fait qu'il serait impossible de conduire aux heures de pointes à Bogota sans le système de "pico y placa". Pico y placa c'est un système qui autorise ou non les voitures à circuler suivant le dernier numéro de leur plaque d'immatriculation. Chaque jour sauf le week-end, 4 numéros sont interdits de circulation aux heures de pointe, de 6 à 9H et de 16 à 19H. Comme il y a seulement 10 numéros possibles, cela fait que chaque voiture "a le pico y placa" 2 jours par semaine. Les taxis ont aussi un système de pico y placa mais pour eux c'est un seul jour pas semaine et toute la journée. Les seuls exemptés sont les bus de transport scolaire je crois.
A part le pico y placa, il faut aussi s'habituer aux rues de Bogota pour pouvoir y conduire: Les routes sont assez souvent défoncées. Demandez à un Bogotanais et il vous répondra sûrement que c'est du à la corruption (les gens au pouvoir ne prennent pas toujours les meilleurs pour la construction des routes, les constructeurs pas tellement honnétes utilisent des matériaux moins chers mais de mauvaise qualité pour pouvoir s'en mettre plein les poches...). Enfin, les conducteurs Bogotanais ont généralement une bonne vision de leur voiture et arrivent le plus souvent à éviter de mettre les roues dans les trous, mais au pris de nombreux zigzags dans les rues.
Ensuite il faut comprendre comment marche le système des rues. Normalement, rien de plus simple, les rues n'ont pas de nom mais des numéros donc pour trouver une adresse c'est en théorie plus facile. En pratique pour un non-Colombien à Bogota, ce n'est pas si simple. Il y a beaucoup de sens unique, les grosses avenues n'ont pas toujours des sorties des 2 cotés de la route... Autre originalité, les grosses avenues sont généralement séparées en 4 sections par des terres-plein. 2 sections dans chaque direction, une section pour aller plus vite sans possibilité de sortir, au centre de l'avenue, et une section sur le coté qui permet de tourner dans les rues perpendiculaires, de s'arrêter sur le trottoirs... et qui de fait va généralement bien moins vite (il y a toutefois des exceptions lors des bouchons). Du coup ça complique un peu les choses, il faut savoir à peu prêt où on va et à quel moment il faut tourner.
On ne rigole pas avec sa voiture à Bogota, les amendes pour une faute de circulation sont généralement assez élevées. Si vous conduisez quand même alors que c'est votre jour de pico y placa, la police vous arrête, vous immobilise votre voiture et vous avez une très grosse amende. Si vous tombez en panne d'essence aussi, vous aurez une amende pour ne pas avoir assez bien gérer votre réservoir d'essence... Imaginez tomber en panne d'essence au milieu d'une circulation intense au moment où votre voiture ne devrait pas être dehors du fait du pico y placa!!! L'idée en ferait frémir plus d'un!!

Thursday, 10 January 2008

Circuler en Colombie

Circuler pour aller d'une ville à l'autre en Colombie est un peu difficile. L'infrastructure routière n'est pas vraiment à la hauteur du nombre grandissant de voitures qui y passent. Il faut dire qu'il n'y a encore pas longtemps, peu de gens s'aventuraient sur les routes à cause des barrages routiers réguliers des FARCs (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes) qui pouvaient conduire à des kidnappings, de l'extorsion d'argent... Depuis peu, le gouvernement colombien a fait de gros efforts pour sécuriser les routes et de nouveau les gens voyagent par voie terrestre.
L'autre problème au niveau des routes est d'origine naturelle: il y a 3 hautes cordillères de montagnes en Colombie qui divisent pratiquement tout le pays du nord au sud. De se fait, les routes, même celles marquées comme "autopistas" (que l'on pourrait être tenté de traduire par autoroute) sont souvent des "petites" routes de montagne à une seule voie, des lacets et une grosse double ligne continue au milieu.
Pour noircir encore plus le tableau, il fait également considérer que, probablement du fait une fois encore de la géographie du pays, le réseau de voies ferrées est complètement inexistant, ou tout comme, donc tout le transport de marchandises se fait par route. Sur ces petites routes de montagne-autopistas on retrouve donc une énorme quantité de poids lourds aux freins hydrauliques assourdissants dans les virages et dans les descentes.
Avec tout ça, on comprend tout de suite mieux pourquoi la durée moyenne du parcours de 300km entre Bogota et Neiva est d'environ 6H. On comprend aussi mieux pourquoi les conducteurs ne font généralement aucun cas de la double ligne continue bien jaune qui sépare la chaussée et doublent sans vergognes les poids lourds que cela soit officiellement autorisé ou non. En bref, la conduite en Colombie est en générale très sportive et quelque peu épuisante, même pour les passagers, surtout s'ils ne sont pas habitués à la circulation Colombienne.
Pour éviter les bouchons, le gouvernement Colombien met aussi en place au retour des longs week-ends et au moment des fêtes, des plans d'urgence de circulation. A notre retour de Neiva le premier janvier, j'ai pu avoir un aperçu de ce que cela impliquait: d'abord un bouchon assez incroyable apparemment en pleine rase campagne, puis, peu après la fin du bouchon, une voiture de police avec haut-parleurs et gyrophares qui passe en diffusant le message "doble carril doble carril" (double voie double voie). Cela signifie que les voitures qui vont dans la même direction que nous peuvent circuler sur toute la largeur de la route, ce qui fait 2 voies au lieu d'une... Oui mais les voitures qui viennent dans l'autre direction vous allez me dire??? Et bien ils les arrêtent à un point de la route plus loin ce qui forme un énorme bouchon, qu'ils essaient ensuite de résorber en bloquant la circulation dans l'autre sens (le notre si vous suivez bien) et ouvrant la voie doble carril..... Bref, je ne sais pas si j'ai mal compris mais tout ça ne me parait pas d'une logique extrême pour faciliter le flux des voitures dans un sens comme dans l'autre. En tous les cas on peut douter de l'efficacité de ces plans d'urgence: nous avons mis 9H au lieu des 6H généralement requises pour aller de Neiva à Bogota!

Sunday, 6 January 2008

¡FELIZ AÑO NUEVO!

Le nouvel an en Colombie... on peut dire que c'est très différent des nouvel ans français. D'abord, ça se fête en famille, comme noël. Ensuite, ça se fête dans la rue la plupart du temps, c'est à dire que les gens arrangent chaises et tables sur le trottoir et dans la rue pour les célébrations. A Bogota ce n'est pas comme ça car la ville est trop grande et les gens bien plus individualistes mais à Neiva qui est quand même la ville principale du département de Huila, ils font comme ça. J'ai aussi entendu dire que dans les plus petits villages, tous les gens du village se rassemblent et font la fête ensemble...
Autre différence, le nombre incroyable de traditions qu'ils ont pour cette soirée... Pour n'en citer que quelques unes: Il faut manger 12 raisins avant minuit en faisant à chaque fois un voeux pour qu'il se réalise l'année d'après (si tous mes voeux se réalisent, pas de doutes que je vais passer une année FANTASTIQUE!). Il faut courir autour du paté de maisons avec une valise à minuit, histoire de favoriser les voyages dans l'année qui arrive. Il faut avoir de l'argent dans les poches à minuit pour en avoir toute l'année qui vient. La plus étrange dont je me souvienne, il faut porter des sous-vêtements jaunes mais là le pourquoi reste un grand mystère pour moi, si quelqu'un à une réponse...
Dernière chose: ils construisent un mannequin de taille humaine en tissu et papier de vieux magazine qu'ils bourrent de pétard. Ils appellent le mannequin "el año viejo" (l'ancienne année) et ils le brûlent/font exploser à minuit... C'est un brin dangereux car il y a vraiment beaucoup de pétards et chaque année il y a des victimes, surtout des gamins, et ça a même été interdit officiellement dans beaucoup de départements... Mais les gens continuent, c'est sûr qu'avec des les précautions, ça met de l'ambiance dans la rue!
J'ai fêté le nouvel an une nouvelle fois dans la famille de Mauricio à Neiva, à 6H de route de Bogota. La soirée a commencé assez tard par des verres. Comme pour noël il fallait attendre minuit pour manger. En attendant, on a bu, parlé et mangé chacun nos 12 raisins... le tout sur le trottoir et dans la rue.
A minuit, c'était un peu la pagaille, tout le monde était dans la rue, le bruit des pétards étaient assez assourdissant, une bonne dose de fumée acre baignait toute la scène, les gens s'embrassaient, les voisins venaient présenter leurs voeux, bref, toutes les minis fêtes de la rue se sont rassemblées en une seule grande pour un petit moment.
Viens ensuite le temps du repas, pas de plat traditionnels pour cette nuit là mais un repas plus élaboré que d'habitude. Après le repas, c'est la boisson qui coule à flot (bière et aguardiente principalement) et la musique commence à devenir bien présente pour des danses....
Au matin du premier janvier, il n'est pas rare de trouver des personnes en état d'ébriété avancée dans les rues, ils n'ont pas arrêté les célébrations et continue de boire... Nous, on s'est préparé à rentrer pour éviter les bouchons... sans grand succés.... 9H pour faire 300km... mais cela est une autre histoire...
BONNE ANNEE 2008 !!

Wednesday, 26 December 2007

Feliz Navidad

Cette année mon Noël fut colombien. On commence a fêter Noël ici le 15 décembre avec les "Novenas". Les novenas sont en fait des petites célébrations religieuses où les gens lisent des textes religieux, chantent des chansons religieuses de noël et tout ça se fini généralement par un dîner et une fête. Les novenas se font en famille, entre amis, entre collègues ou même entre voisins. Tout le monde peut en organiser une et dans les immeubles il y a souvent une petite feuille indiquant chez qui la novena va être à quelle date. Le 24 décembre, c'est la dernière novena pour la venue "del niño dios" (l'enfant Jésus).
Le 24, une bonne partie de la famille de Mauricio devait se réunir avec d'éventuels copains/copines/amis, personne ne doit rester seul. Mais avant de partir à la soirée de noël, chaque famille ouvraient ses cadeaux. Ce fut l'occasion de découvrir qu'il n'y a pas vraiment de père noël ici. Bien sûr, la figure de père noël est bien présente dans les décorations de noël mais quand ils offrent les cadeaux, c'est de la part du niño dios et pas du père noël.
La soirée en elle-même était organisée dans une salle commune d'un immeuble où loge une personne de la famille de Mauricio. Tout le monde a commencé à boire et manger l'apéritif. Ensuite est venue l'heure de la novena, qui se fait généralement devant la crèche. Pour ça, tout le monde est descendu dans une autre salle commune où une crèche était installée avec des chaises. On peut y amener sa bière ou son verre de vin. Chacun a lu à tour de rôle sur un recueil de novena (comme sur la photo) et tout le monde chantait. Les chants étaient accompagnés d'instruments même si personne ne savait vraiment en jouer, le but était apparemment de faire pas mal de bruit et de marquer le rythme. Le tout dans une ambiance très festive et un joyeux désordre.
Une fois la novena terminée, tout le monde est retourné dans la première salle
pour attendre minuit et le moment de se donner le baiser/accolade de noël. Après minuit, le repas a été servi. L'aguardiente coulait à flot pour qui en voulait, tout comme les bières. La musique était bien présente et il y a eu quelques danses (salsa, merengue (prononcez méringué), vallenato (prononcez baillénato), cumbia....). Vers 2H30, les gens ont commencé à rentrer chez eux et la soirée c'est terminée. Nous sommes rentré et avons continué à discuter et à boire encore une petit heure puis hop tout le monde au lit.
Le 25, nous avons aussi passé la journée en famille avec pour déjeuner très tardif une "fritangua" (plat composé de différent types de viande, de saucisses, de boudin, de pommes de terre créoles, de "platano" (bananes qu'il faut faire cuire pour manger), de "arepa de maïs" (galette de maïs)...). Vers 18H, le repas était terminé et ce fut l'heure d'aller à la messe de noël dans le village d'à coté.
Les célébrations de noël se sont terminées sur un arrêt "postre" (dessert) sur la route du retour à Bogota.
Bref, des célébrations de noël pour le moins différentes de d'habitude pour moi mais c'était vraiment pas mal de pouvoir passer un noël si différent et quand même en famille (même si ce n'est pas la mienne)!
Un grand merci à toute la famille de Mauricio pour m'avoir si bien accueillie, c'est sans aucun doute mon meilleur cadeau de noël!