Wednesday, 26 December 2007

Feliz Navidad

Cette année mon Noël fut colombien. On commence a fêter Noël ici le 15 décembre avec les "Novenas". Les novenas sont en fait des petites célébrations religieuses où les gens lisent des textes religieux, chantent des chansons religieuses de noël et tout ça se fini généralement par un dîner et une fête. Les novenas se font en famille, entre amis, entre collègues ou même entre voisins. Tout le monde peut en organiser une et dans les immeubles il y a souvent une petite feuille indiquant chez qui la novena va être à quelle date. Le 24 décembre, c'est la dernière novena pour la venue "del niño dios" (l'enfant Jésus).
Le 24, une bonne partie de la famille de Mauricio devait se réunir avec d'éventuels copains/copines/amis, personne ne doit rester seul. Mais avant de partir à la soirée de noël, chaque famille ouvraient ses cadeaux. Ce fut l'occasion de découvrir qu'il n'y a pas vraiment de père noël ici. Bien sûr, la figure de père noël est bien présente dans les décorations de noël mais quand ils offrent les cadeaux, c'est de la part du niño dios et pas du père noël.
La soirée en elle-même était organisée dans une salle commune d'un immeuble où loge une personne de la famille de Mauricio. Tout le monde a commencé à boire et manger l'apéritif. Ensuite est venue l'heure de la novena, qui se fait généralement devant la crèche. Pour ça, tout le monde est descendu dans une autre salle commune où une crèche était installée avec des chaises. On peut y amener sa bière ou son verre de vin. Chacun a lu à tour de rôle sur un recueil de novena (comme sur la photo) et tout le monde chantait. Les chants étaient accompagnés d'instruments même si personne ne savait vraiment en jouer, le but était apparemment de faire pas mal de bruit et de marquer le rythme. Le tout dans une ambiance très festive et un joyeux désordre.
Une fois la novena terminée, tout le monde est retourné dans la première salle
pour attendre minuit et le moment de se donner le baiser/accolade de noël. Après minuit, le repas a été servi. L'aguardiente coulait à flot pour qui en voulait, tout comme les bières. La musique était bien présente et il y a eu quelques danses (salsa, merengue (prononcez méringué), vallenato (prononcez baillénato), cumbia....). Vers 2H30, les gens ont commencé à rentrer chez eux et la soirée c'est terminée. Nous sommes rentré et avons continué à discuter et à boire encore une petit heure puis hop tout le monde au lit.
Le 25, nous avons aussi passé la journée en famille avec pour déjeuner très tardif une "fritangua" (plat composé de différent types de viande, de saucisses, de boudin, de pommes de terre créoles, de "platano" (bananes qu'il faut faire cuire pour manger), de "arepa de maïs" (galette de maïs)...). Vers 18H, le repas était terminé et ce fut l'heure d'aller à la messe de noël dans le village d'à coté.
Les célébrations de noël se sont terminées sur un arrêt "postre" (dessert) sur la route du retour à Bogota.
Bref, des célébrations de noël pour le moins différentes de d'habitude pour moi mais c'était vraiment pas mal de pouvoir passer un noël si différent et quand même en famille (même si ce n'est pas la mienne)!
Un grand merci à toute la famille de Mauricio pour m'avoir si bien accueillie, c'est sans aucun doute mon meilleur cadeau de noël!

Saturday, 22 December 2007

De Bluefields à Managua


Ca y est, c'est les vacances de noël et je m'en vais pour 2 petites semaines à Bogota en Colombie revoir mes amis de là-bas. Comme je suis sur un budget serré tout de même, j'ai opté pour un voyage par pangua+bus jusqu'à Managua d'où je prends mon avion pour Bogota. L'option pangua+bus prend au moins 10 fois plus de temps que l'avion (au moins 10H de voyage contre une pour l'avion) mais ça revient à environ 20$ US au lieu de 125$...
Le voyage pangua+bus pour Managua commence au port de Bluefields où des panguas commerciales partent 2 fois par jour (5H du mat et 15H) pour rejoindre El Rama, une grosse bourgade qui fait la jonction entre le Rio Escondido et LA grosse route qui rejoint Managua. Le voyage sur le fleuve prend environ 2H et est assez agréable, les paysages sont beaux et on n'est pas secoué... Par contre il faut prévoir un coupe vent: les panguas sont rapides et il y fait froid. Arrivée à El Rama, il faut décharger la pangua et prendre un bus pour Managua. Le bus lui prend environs 6H. Si vous suivez bien, 2+6 ne font que 8H de voyage et pas 10, c'est qu'il faut compter l'attente entre le bus et la pangua à El Rama.
Cette fois, je voyageais avec Vicky et Diego (et leur chien Chalten), 2 volontaires argentins qui retournaient à Managua pour reprendre leur route vers l'Argentine avec leur mini-Van (depuis les US!). Le plan était de prendre la pangua à 15H vendredi après-midi pour arriver vers minuit-1H à Managua.... Le plan a du être changé (la devise de bE ici est "le plan est que le plan va changer") car à l'embarquement, un militaire en manque d'autorité a refusé que Diego embarque sous prétexte qu'il n'avait pas son passeport. Il avait pourtant un papier officiel montrant sa date d'entrée au Nicaragua qui aurait du suffire si nous étions tombés sur un militaire qui connaissait mieux les lois d'immigrations Nica...
Enfin bon, pas d'embarquement vendredi aprèm, retour à la cas...a bE pour Vicky et moi, le bureau de l'immigration pour Diego. On lui a bien confirmé là-bas que le papier qu'il avait était suffisant et on lui a écrit une lettre explicative au cas où un autre militaire en manque de pouvoir aurait voulu l'empêcher d'embarquer dans la pangua suivante.
Deuxième tentative samedi matin. Nous arrivons vers 4H30 du matin à l'embarcadère et on monte enfin dans la pangua vers 6H (au lieu de 5H)... Le truc en fait c'est qu'ils attendent que les panguas soient remplies avant de les faire partir du coup c'est beaucoup plus dure de se tenir à des horaires fixes! Vers 8H, arrivée à El Rama sous les cris de plein de gens sur le quai qui veulent nous aider pour nos bagages (contre quelques dollars bien évidemment). Après avoir survécue la descente du bateau et la récupération de tous nos sacs (il y a quand même un nombre incroyable de gens sur un si petit quai et tout se bruit...) on nous dit que le bus pour Managua pour lequel nous avons des tickets ne partira pas avant 9H. Attente. 9H, tout le monde dans le bus, qui est à moitié vide mais merci mon dieu là ils n'attendent pas qu'ils se remplissent pour les faire partir... 6 heures de bus sur une route plutôt bonne dans l'ensemble, contrairement à ce qui peut se lire sur pas mal de guides touristiques.... En fait la route a été refaite récemment. Vers 15H, arrivée à Managua sous un soleil de plomb, on est tous crevés, y compris Chalten, mais ça fait du bien d'être arriver.
Mon prochain voyage entre Managua et Bluefields... je me tâte encore, c'est clair que le prix pangua+bus est attractif mais l'avion c'est quand même bien pratique et rapide.... Faut voir aussi si je vais faire le voyage toute seule ou pas... Ca y joue, une blanche toute seule toute chargée de bagages, c'est comme un porte monnaie ambulant ici et c'est pas gagné pour la tranquillité!

Thursday, 20 December 2007

Posara



Ici les gens ont plutôt tendance a être bien croyant et il y a pas mal de traditions religieuses bien différentes de celles que l'on peut trouver en France. En ce moment, c'est à dire pendant les 10 jours qui précédent noël, ils font des "posaras".
Les posaras sont des espèces de processions religieuses (catholiques) qui se font de 4 à 5H30 du matin... Oui oui, vous lisez bien et je n'ai pas fait d'erreur, cela commence bel et bien à 4H du mat'! Chaque matin pendant 10jours donc, des gens se retrouvent vers 4H du matin au parque central et marche pendant une heure en alternant chants et prières vers un quartier différent chaque matin. Il faut dire que le bruit qu'ils font pendant la procession est assez impressionnant et je pense que ça pourrait énerver les habitants d'un quartier s'ils allaient toujours vers le même!
Avec Sarah, l'autre volontaire anglaise, on est toujours prête pour voir d'autres traditions mais là, on a du se motiver pour se dire de se lever à 4H du mat'. En tous les cas, une chose sûre depuis que l'on a appris l'existence de cette tradition: on allait en faire seulement une, un seul matin à se lever à une heure indue! On a choisi de le faire ce matin car ce matin la procession devait aller vers notre quartier.
Bref, debout à 3H45 du mat', attente du taxi, on passe passer Julie qui voulait tenté l'expérience aussi et hop, au parc à 4H15. On a encore attendue (pour changer!) et vers 4H45 départ de la procession avec fanfare et une statue de Marie et Joseph sur un coussin porté pas des enfants (sur la photo). On n'a pas eu de chance il a plus pas mal mais il y avait quand même vraiment beaucoup de gens.
A mi-chemin sur la route du parque central à chez nous, la procession c'est arrêtée et nous avons attendu sous la pluie comme tout le monde, sans comprendre (ça c'était seulement pour nous). Après 10 petites minutes, on a fini par demander à un quelqu'un ce qui se passait et si c'était fini. Il nous a expliqué qu'en fait maintenant il y avait une distribution de café pour tout le monde. Aussitôt dit, des gens sont arrivés avec des plateaux de sandwiches beurre-pain de mie. On a encore attendu un peu puis comme la pluie ne s'arrêtait pas et qu'on était quand même déjà bien trempées, on est rentré... Tout ça avant 6H! Je vous dis, ils sont bien motivés ici niveau religion, moi j'ai passé le reste de la journée à somnoler et eux, ils le font tous les matins pendant 10 jours!

Monday, 17 December 2007

Les 4 ans de blueEnergy


Ce WE on fêtait les 4 ans de blueEnergy et la fête servait en même temps de remerciement pour l'énorme soutient qu'on a eu pendant la campagne de CNN de la part de plein d'organisations au Nicaragua, de structures du gouvernements, de chaînes TV... Bref, on devait fêter ça bien et on attendait pas mal de monde donc on a installé la soirée à l'INATEC, le lycée technique qui abrite notre atelier de production.
Samedi matin on a pas mal bosser pour faire que ce qu'ils appellent le gymnasium (un hangar avec des peintures sur le sol pour délimiter les differents terrains de sport, 2 buts et un panier de basket) une salle de fête. On avait pas mal de banderoles de pub pour la déco, une estrade... On a tendu tant bien que mal un drap pour faire un écran de projection pour montrer des photos et des petits films...
La soirée devait commencer à 16H et fait rarissime ici, des gens sont vraiment arrivé à 16H ce qui soit dit en passant ne nous arrangeait pas vraiment vu qu'on n'était pas tout à fait prêts... Vers 18H tout a vraiment commencé, on a eu d'abord des petits discours de Guillaume (notre chef de projet, directeur de bE au Nicaragua), de Ismael (sous directeur de bE au Nicaragua) et d'une directrice de l'INATEC au niveau national (INATEC c'est en fait le nom de l'ensemble des lycées techniques du Nicaragua). Ensuite des membres de la croix rouge nous ont remis de façon assez pompeuse nos diplômes de premiers secours. Puis visite de l'atelier pour ceux qui voulait puis la soirée en elle-même à vraiment commencée avec plusieurs groupes de musique assez connus dans le secteur (vraiment pas mal) et une espèce de dîner-buffet.
L'ambiance été très bonne, on a dansé comme des fous... enfin bizarrement surtout les volontaires. On a bu aussi, pas mal pour certain, le rhum est si bon par ici... Bref, très bonne soirée qui a du se terminer vers minuit du fait que nous étions sur un campus.
Dés minuit il a fallu nettoyer et là, surprise, des témoins de Jéhova qui devaient faire une messe au même endroit le lendemain sont arrivés avec balais-brosses et seaux d'eau et ont tout nettoyé. Ils étaient étonnant d'efficacité et de motivation (il parait qu'ils attendaient depuis 19H à la porte du campus pour pouvoir installer tous leur trucs dés qu'on finissait la soirée!) et nous, ça nous a bien éviter du boulot! Cool, les témoins de Jéhova?

Sunday, 9 December 2007

Purisima


Le 7 et 8 décembre au Nicaragua, et un peu toute la semaine aussi, ils célèbrent la vierge Marie ou plutôt le fait qu'elle soit née "sans péchés" c'est à dire qu'elle n'a pas eu de relations sexuelles pour avoir Jésus... Pendant cette période, ils commencent les célébrations par "¿Quién causa tanta alegría? ! La Concepción de María !" ce qui veut dire "qui donne autant de joie? la conception de Marie".
Enfin, le vendredi 7 était mi-férié (seulement férié l'après-midi) et le 8 aussi. Pendant ces 2 jours, les familles aisées et en vue de la ville organisent des célébrations religieuses dans leur maison avec des prières et des chants (sans prêtre). Pour y aller, il faut être invité ou avoir un ticket d'entrée. A la sortie, après environ 1H30 de prières et chants plus ou moins soporifiques, la famille distribue à tout le monde des friandises (caramels de lait, sucettes, chewing-gum, orange, chicha (espèce de boisson à base de mais et colorants...) et tout le monde s'en va avec son petit trésor. Ca ne va pas sans dire que les gamins essaient d'aller à autant de purisima qu'ils peuvent histoire d'avoir le plus de sucreries possible.
Nous, nous avons été invité par un des ouvriers de bE, Roger, qui organisait une purisima dans sa maison. En arrivant, il y avait pas mal de gens devant la porte à attendre de pouvoir rentrer, un peu comme dans une discothèque branchée. Nous sommes passé devant tout le monde, style VIP, car nous étions invité (la couleur bien plus blanche que la moyenne de notre peau ce qui fait qu'on nous reconnaît très vite comme Européens ou venant des Etats-Unis y a sûrement joué un peu aussi). Dans la salle, des chaises étaient installées en face d'une statue la vierge entourée de guirlandes lumineuses et autres accessoires: le summum du kitch comme vous pouvez le constater sur la photo...
Après environ 30min d'attente, les autres sont rentrés et la pièce était bondée de monde. Les prières et les chants ont commencé mais nous étions au dernier rang et on n'entendait pas grand chose. C'était par contre visible que bon nombre de personnes étaient là surtout pour les bonbons et pas tant pour célébrer la vierge Marie. La cérémonie a duré environ 1H30 dans une atmosphère assez étouffante. Dehors, la tradition veut qu'ils fassent péter un bon nombre de pétards pendant la cérémonie et je dois dire que la famille de Roger a été à la hauteur de ce coté là!
Dés la fin du dernier chant, ça a commencé à se bousculer pour aller au plus vite chercher les friandises. Pour la distribution, tous les membres de la famille organisatrice sont recrutés pour la distribution elle-même et aussi pour la gestion du flux de personnes... On a suivi tout le monde et comme tout le monde nous avons reçu une petite bassine avec sucettes, chewing-gums, oranges, caramels, biscuits de noix de coco... Dans la rue, nous étions tous avec notre petite bassine à goûter les choses qui étaient dedans et à s'émerveiller de toute cette tradition... 1H30 de célébration religieuse pour une petite bassine de bonbon... ça vaut le coup? En tous cas, vu le monde, c'est sûr que l'idée des friandises motive bien les gens, sûrement plus que ce que peut promettre l'église catholique à ceux qui vont à la messe!

Saturday, 1 December 2007

Monkey Point 5, du coté de la communauté

Il y a entre 100 et 300 personnes qui vivent dans la communauté de Monkey Point qui est pas mal étalée (on a rencontré un mec qui devait faire 3 heures de marche pour arriver jusqu'au « centre » et il vivait quand même dans la zone « Monkey Point »). Les gens se connaissent tous mais personne ne sait vraiment combien ils sont. Il faut dire que pas mal vont souvent vivre pour des périodes plus ou moins longues à Bluefields (pour faire des études, apprendre un métier ou tout simplement trouver un travail).

Il y a une petite école avec une seule institutrice, qui est la femme qui nous faisait la cuisine. J'ai un peu parlé avec elle pour savoir comme ça se passait l'école ici. D'après ce qu'elle m'a dit et ce que j'en ai compris, on est bien loin du 100% de scolarisation. Comme elle est toute seule, elle fait les différentes classes à différentes heures de la journée. Elle espère que une/un autre instit' viendra pour l'aider à sa tache, peut-être une de ses filles reviendra avec un diplôme d'instit'. Elle aimerait aussi qu'un pasteur vienne pour faire la messe, les baptêmes, mariages et enterrements... mais les candidats se font rares! Dés que l'électricité sera remise en place pour de bon, elle commencera aussi à donner des cours du soir pour les adultes qui le souhaitent.

Coté langage, la grande majorité d'entre eux parlent plus anglais (créole) qu'espagnol. Un anglais hyper difficile à comprendre, tellement en fait que quand ils parlent entre eux, il m'est pratiquement impossible de savoir ne serait-ce que de quoi ils parlent. La plupart d'entre eux font des efforts quand ils s'adressent à nous soit en parlant un anglais plus « classique » soit en parlant en espagnol. Mais le plus drôle c'est que malgrés le fait qu'ils parlent tous plus souvent anglais qu'espagnol, la plupart ne sait que lire l'espagnol, qui est la langue officielle et la seule qu'on leur apprend à lire et écrire à l'école.

La communauté de Monkey Point est en ce moment sur le qui-vive sur le sujet sensible de « canal sec ». En fait, pour résumé, le Nicaragua a un projet de canal sec (un canal férroviaire/autoroutier) qui traverserait le pays d'est en ouest et qui pourrait concurrencer le canal de Panama. Le rapport avec Monkey Point? C'est que Monkey Point est un des seuls endroits de la côte où le Nicaragua pourrait aménager un grand port du fait des eaux profondes qui l'entoure et de sa distance raisonnable avec le Costa Rica (il y a des petites tensions à propos de la souveraineté des terres à la frontière Costa Rica-Nicaragua). Seulement s'ils construisent un port de commerce ici, ce sera la fin de la communauté de Monkey Point et de celles des alentours, notamment la communauté des indiens Rama qui se trouve un peu plus loin sur la côte.

Les 2 journalistes qui nous accompagnaient étaient spécialisés dans les articles sur le terrorisme et il a fallu qu'ils nous expliquent pas mal de choses pour qu'on comprenne ce qu'ils venaient faire là. En fait le canal de Panama est très « américain » et donc les américains voient d'un très mauvais oeil la possibilité de construction d'un canal sec. En même temps, l'idée d'embêter un peu les US plaît pas mal au président Nica M. Ortega qui est plutôt à gauche et anti-américain. En plus, M. Ortégua est plutôt bon pot avec les présidents Vénézuéliens Chavez et Cubain Castro. Donc tout une coalition plutôt anti-américaine c'est comme créée pour essayer de mettre en place les plans d'un canal sec. Le plus flippant en fait c'est que d'après nos journalistes, cette idée serait aussi sponsorisée par l'Iran. L'Iran qui apparemment met en place pas mal d'administrations au Nicaragua (ambassades/ consulat) ce qui permettrait de faire venir facilement des Iraniens sur le continent américain, première étape qui facilite l'entrée aux US pour éventuellement à terme (et toujours selon ces journalistes) fomenter des attentats terroristes... Et c'est pourquoi nos journalistes spécialisé en terrorisme faisait un reportage sur la communauté de Monkey Point.

Thursday, 29 November 2007

Monkey Point 4, coté nourriture et eau

Frijoles avec une tortilla de harina pour le petit déj'


Sachant qu'on arrive à Monkey Point seulement après une bonne heure et demi de bateau à partir de Bluefields, et qu'à Bluefields on ne trouve déjà pas facilement des produits autres que locaux, à Monkey Point, les choix culinaires se limitent à ce qui pousse/vit sur place.

Le plat le plus traditionnel et commun, c'est le « gallo pinto » : du riz avec des frijoles, espèce d'haricots rouges, sur 6 repas (y compris le petit déj') on en a eu... 6 fois! C'est ensuite le plus souvent agrémenté de poisson, frit la plupart du temps, et très frais (vu qu'il n'y a pas de frigo, il est généralement péché le matin même). Comme certaines familles ont des animaux, ils mangent aussi parfois de la viande (cochon, vache, poulet ou canard...) mais nous on n'y a pas eu droit. Les poissons, c'est souvent des gros genre thon ou requin, très bons.

Coté légumes, c'est pas mal de manioc (Yuka en espagnol, Casava en anglais, ici ils parlent espagnol et anglais créole), du kékisqué (même genre que la yuka).

C'est du coté des fruits qu'ils sont le plus gâtés, ils ont des arbres fruitiers qui poussent comme ça en pleine nature: des manguiers, des arbres à papayes, à pamplemousses, à oranges, à goyaves.... Quand nous y étions, c'était plutôt la saison de la papaye et du pamplemousse... Je peux vous dire que manger un pamplemousse juste cueilli de l'arbre, c'est que du bonheur!

Ils font aussi des espèces de galettes à base de farine et sucre et frites à la poële. Ça fait comme un beignet en fait et ils appellent ça « tortilla de harina » ce qui veut dire tortilla de farine pour faire la différence avec les tortillas classiques à base de maïs. Je pense que ça et le pamplemousse, c'était mes trucs favoris!

Pour l'eau... Il y a pas mal de puits mais l'eau y est assez haute et avec les moustiques qui pondent dedans, la qualité n'est pas vraiment au rendez-vous. Les locaux la boivent quand même et s'en serve aussi pour cuisiner (du coup on y a goûté aussi indirectement mais ça va, personne n'a été malade), se laver.... Mais le mieux, c'est qu'ils ont une fontaine naturelle d'eau potable, l'eau y est très bonne et fraîche ce qui est très agréable... Le coté plus négatif c'est qu'elle est un peu au milieu de la jungle...

Ils s'en servent aussi pour se laver mais il n'y a pas d'installations sanitaire, du coup, les gens se lavent avec leur habits, ce qui permet de les laver par la même occasion, puis ils rentrent chez eux (souvent au moins 20min de marche) tout trempés et se mettent dans des vêtements sec et mettent leurs vêtements « propres » à sécher! Moi, j'ai plutôt utilisé la technique apprise en camps de vacances de la douche en maillot de bain et on m'a d'ailleurs fait des remarques (des locaux) à ce propos comme quoi il faisait trop froid et que j'allais attraper la crève.... Mais non, et au moins je suis pas rentrée toute trempée jusqu'au bâtiment où on logeait!

Tuesday, 27 November 2007

Monkey Point 3, coté animaux

Petit éventail d'animaux de Monkey Point: Des cochons, un gros coq, mon crapaux, la mygale, un singe domestique et un gros dindon

Bon, on m'avait prévenu, il y a BEAUCOUP d'insectes dans les communautés en général.... Et bien je n'ai pas été déçue du voyage! Dés le vendredi, quand on installait nos lits et surtout nos moustiquaires, j'aperçois une énoooorme araignée... En fait, toute recroquevillée, elle était limite jolie, comme une étoile avec des stries blanches le long des pattes... Mais une fois dépliée... et bien... c'était une mygale... Séb l'a sorti tant bien que mal et relâché juste sur le pas de notre porte.... Là, grosse hésitation, la tuer ou pas. Et oui, les araignées ici, c'est quand même pas mal utile vu qu'elles mangent les moustiques et les moustiques ici, on se dit qu'ils ont bien besoin de tous les prédateurs possibles... Et puis d'après Bomboy, ce type de mygale que l'on avait sous les yeux n'était pas mortelle, on a bien mal une fois mordu mais on ne meurt pas! Enfin, après une longue discussion, Bomboy a décidé, contre l'avis de la majorité (je ne faisais pas partie de cette majorité!) de la tuer en faisant tomber une noix de coco dessus (à chacun sa méthode!).

Coté insecte, nous avons fait connaissance avec les moustiques de là-bas assez vite vu qu'ils attendent même pas la nuit pour venir attaquer les pauvres français!!! Le pire, ça a quand même été d'aller à la source pour nous rafraîchir et remplir nos bouteilles, juste à la tombée de la nuit.... Oui, l'idée n'était vraiment pas terrible et les moustiques nous l'ont bien fait comprendre: une attaque en règle et après moins de 5minutes nous étions déjà en train de courir vers nos chambres, nos manches longues et notre anti-moustique!

Bon ensuite, cafards, petites araignées, mouches, fourmis de toutes tailles (et qui mordent!), abeilles... tous ça sont légions à Monkey Point... tout un écosystème basé sur les insectes! Ceux que je préfère, c'est les lucioles, il y en a vraiment pas mal et c'est vraiment hyper joli de voir toutes ces petites lumières clignoter partout dans les herbes...

En montant en taille, on trouve les serpents... Plutôt dangereux, surtout qu'ici ce n'est pas possible d'arriver dans les 2H qui suivent la morsure dans un hôpital pour une injection d'anti-venin vu que le plus proche hôpital est à Bluefields, à au moins 1H30 de Monkey Point (et là il faut aussi considérer qu'il faut de l'essence pour le bateau, trouver le chauffeur....). Pour se protéger des serpents, le mieux c'est les bottes hautes en caoutchouc, ça vous donne un pur style et surtout c'est pas DU TOUT agréable dans les bottes avec plus de 25°C dehors et énormément d'humidité!

Du coté des animaux gluants au sang froid.... il y a aussi les crapauds... Je n'en aurais sûrement pas vu si des jeunes de la communauté, sûrement un peu en état d'ébriété, n'avaient décidé que c'était une bonne blague de m'en lancer sur mon lit. Il m'a atterri sur le pied et ça m'a tout à fait réveiller une fois que j'ai vu la source de mon réveil! Surtout qu'une fois que je l'ai eu poussé de mon lit, le crapaud n'a pas eu meilleur idée que d'aller sauter dans les sacs plastiques. Bref, je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit là et au matin on m'a suggéré que j'avais peut-être jeté de mon lit un prince charmant sous l'emprise d'un sort... hummmm, j'y penserais peut-être la prochaine fois qu'un crapaud arrive dans mon lit!

Autres animals gluants: les vers de mer.... ils ont l'air assez dégueu même la population locale est d'accord sur ce point, mais ça n'empêche pas les hommes de la communauté de les pécher en assez grosse quantité. Ils les cuisent dans l'eau bouillante, les vident puis les font sécher et ensuite le tout est envoyé pour un très bon prix en Chine... Il paraît que là-bas ils en sont friands!

Autrement, comme à Monkey Point ils vivent pas mal en autonomie, beaucoup de famille ont des animaux de la ferme: cochons, poules, coqs et poulets, canards et même vaches. Le tout se balade en semi-liberté dans la communauté. C'est comme ça que je me suis retrouvée un matin à faire face à un énorme cochon qui se dirigeait à bon pas dans ma direction, je me suis abritée derrière un arbre de façon vraiment pas très discrète apparemment vu que tous les locaux qui étaient là sont ensuite venus me demander si j'avais peur des cochons... La réponse est oui, quand ils se dirigent un peu trop dans ma direction!

Il y a aussi les chiens, qui n'appartienne vraiment à personne et que personne ne nourrit vraiment: ils sont tellement maigres qu'on voit tous leurs os et ils sont vraiment hyper laids!

Bon, et puis l'endroit s'appelle quand même Monkey Point et oui, du coup, il y a des singes. Je n'en ai pas vu en liberté, apparemment il y a des saisons pour les voir, à la saison où nous sommes, ils vivent un peu plus loin dans la forêt... Mais des locaux en ont comme animaux domestiques...

Wednesday, 21 November 2007

Monkey Point 2, coté boulot

Dans le sens contraire des aiguilles d'une montre: Sébastien et Bomboy (l'opérateur principale du système énergétique) - des mecs de la communauté se sont rassemblé pour qu'on puisse baisser la tour - Sébastien fait tourner le rotor pour voir si l'alignement est bon.... au passage, vous pourrez remarquez la vue, il y a pire comme environnement de travail! - Bomboy et moi (en fait il essai d'avoir une photo avec chacun des volontaires qui passent à Monkey Point!) - Bomboy et Sébastien recevant la tour

Vendredi en arrivant à Monkey Point, l'éolienne tournée “toutes pales dehors”, c'est à dire vraiment bien. Il y avait pas mal de vent et elle tournait vraiment vite.
Après avoir parlé avec Bomboy, et vu que nous n'avions que des petites choses de maintenance à faire, nous avons décidé de descendre la tour seulement le lendemain matin. Il faut dire que de toutes façons, ça en dépendait pas vraiment de nous. Cette tour là est haute (bien 20m au moins) et au bout la machine doit faire 30 bons kilos minimum, du coup, pour la descendre, il nous faut au moins 10 hommes forts, 15 étant idéal. La levée et descente de la tour se fait grace à un bras de levier relié à une corde par un jeux de 2 poulies. Vous pouvez le voir sur les photos un peu.
Le vendredi après-midi, nous sommes tout de même monté au pied de la tour (sur la plus haute des collines de la communauté) pour fixer un contrôleur de charge pour les panneaux solaires (nos systèmes sont des systèmes hybrides éolien/solaire). Pas de problème, ce fut assez vite fait et nous avons du coup eu le temps d'admirer la vue aux alentours sous le couché de soleil.
Samedi matin, bizarre, l'hélice ne tourne plus. Enfin, descente de la tour dés le matin, démontage de la turbine.... Ce qu'on découvre ne fait pas vraiment plaisir, il y a eu pas mal de frottements entre rotor et stator et du coup quelques dégats.... Enfin, entre ponçage et repeinte des pales, réparation à l'aide de résine du « moteur » et rééquilibrage de toute la machine, nous avons seulement fini à la nuit tombée (17H30 par ici) en se faisant dévorer par les moustiques qui apparemment apprécient la chair française. Pour la levée, c'était trop tard et donc c'est remis au dimanche matin.
Dimanche matin, appel des hommes vaillant dans les environs et levée de la tour... Résultat sous le regard d'une bonne quinzaine d'hommes de la communauté: le fiasco, l'éolienne ne tourne toujours pas malgré les petites réparations. Nous sentons les regards interrogateurs sur nous et nous n'avons aucune idée de ce qui ne va pas. Je m'en vais vérifier les connections sur le panneau de contrôle pendant que Séb vérifie la mécanique.... Problème trouvé (du moins on pense...): le moyeu sur lequel tournent les rotors a beaucoup de jeux latéral ce qui ne permet pas le maintient de l'alignement entre les rotors/stator et provoque des frottements, parfois tellement fort (si le vent souffle bien) que le moteur ne tourne pas du tout...
Conclusion, nous repartons l'éolienne à terre. Bomboy va la redémonter et essayer de reserrer le moyeu pour qu'il n'y est plus de jeux. Séb n'y croit pas trop, sûrement qu'il faudra ramener un nouveau moyeu au prochain voyage , en même temps qu'une autre pièce en réparation à Managua...

Tuesday, 20 November 2007

Monkey Point 1, coté voyage...


Départ quelque peu mouvementé en ce vendredi matin. D'après l'expérience des volontaires, les départs c'est toujours « vite vite vite » puis beaucoup d'attente. Du coup, maintenant généralement, les départs, au moins de la maison, sont plus cools, on sait qu'on va sûrement attendre les locaux qui vont avoir des trucs à faire au dernier moment.... donc on prend son temps.

Ce vendredi, c'est un peu différent. D'une part, le voyage est payé par 2 journalistes américains et leur contact/interprète qui vient de Managua. Ils vont à Monkey Point pour interviewer et faire un article sur le projet de « canal sec » qui pourrait, s'il se fait, être mis en place depuis Monkey Point. J'en reparlerais plus tard. En tous les cas, Allen, le chef de la communauté, voulait partir tôt pour les américains mais nous, nous devions attendre que Johana rentre de Managua.

Johana, c'est la dernière embauchée locale de bE et elle est assistante du chef du projet. Elle est d'origine colombienne et habite à Bluefields. Elle était à Managua et on profitait qu'elle revienne pour qu'elle ramène une pièce que nous devions amener à notre tour à Monkey Point (ici la poste n'est pas DU TOUT digne de confiance).

Johana devait rentrer par le bus/pangja de nuit et arriver le matin mais plus tard que l'heure à laquelle Allen voulait partir. Il fallait donc le faire attendre.... Nous avons assez bien réussi et par chance Johana est arrivée assez tôt. Par contre Allen n'était pas vraiment content quand on est arrivé, mais c'est vite passé. On est passé au port de Bluefields (photos) pour prendre les américains et en route pour Monkey Point. Le voyage aller c'est plutôt bien passé, la mer était assez calme et sur les conseils de Max, Rémi et Julie (les 3 volontaires qui étaient partis la semaine d'avant) nous nous étions mis à l'arrière de la pangua où ça secoue moins.

D'abord, nous étions dans la lagune, pas mal protégés des vagues, vue magnifique. Puis la « bouche » de la lagune, un peu difficile a passer avec toutes ces grosses vagues digne d'un film sur Robinson Crusoé. Le reste était un peu plus mouvementé mais toujours pas trop mal et surtout, une vue incroyable sur la côte. Les contrastes sont saisissants: falaises noires bien fonçées, terre rouge et végétation d'un vert bien soutenu, le tout sous un ciel clair... Des palmiers partout, des mangroves de temps en temps... De cela malheureusement, vous n'aurez pas de photos, si ça ne bougeait pas tant que ça, nous étions bien arrosés quand même et je ne voulais pas risquer la vie de mon pauvre appareil!

Le retour à été toute une autre histoire. Nous avons pris des gens de Monkey Point et les américains qui s'étaient fait avoir en s'asseyant devant à l'aller ont pris les places de derrière... Conclusion, le banc de devant m'attendait, et sur une mer agitée qui plus est..... Je peux vous dire que le voyage a été un peu rude et que j'étais bien contente d'être arrivée!!

Saturday, 17 November 2007

Pour ceux qui ne sont pas au courant, l'association blueEnergy pour laquelle je travaille en ce moment au Nicaragua participe à un concours organisé par CNN pour élire le héros préféré du public: une personne ordinaire qui fait des choses extraordinaires.
Grâces à de nombreux soutiens dont le votre peut-être, nous avons réussi à passer le premier tour et nous voici maintenant en final pour gagner le prix CNN Heroes: une très grosse dose de pub pour bE qui en a bien besoin et 25000$ pour nous aider à installer plus d'éoliennes dans plus de communautés...
Pour nous aider à gagner la finale, c'est simple, vous pouvez aller sur le site de CNN héroes en cliquant sur ce lien:
http://www.cnn.com/SPECIALS/2007/cnn.heroes/
et votez pour Mathias Craig, le co-fondateur de bE et accessoirement mon patron... Merci d'avance!

Thursday, 8 November 2007

1 semaine....


Une semaine, c'est le temps que nous aura duré notre 1/3 de tank d'eau. Une semaine pendant laquelle nous (enfin, sans aucune aide de ma part) n'avons pas pu mettre en place la pompe dans le puit.... Donc c'est reparti à tirer les seaux du puit et acheter notre eau potable...
Enfin, le bon plan c'est que moi je m'en vais.... Demain matin je pars pour Monkey Point (photo ci-dessus, prise par de précédents volontaires).... C'est une des communautés isolées où bE a déjà installé une éolienne, on y accède après 2 heures de bateau dans une espèce de grosse barque (une pangua) propulsée par 2 petits (je crois) moteurs.... dieu merci nous n'avons pas à ramer!
En fait la communauté est tellement isolée qu'il nous est très difficile de parler avec le responsable de l'installation là-bas (Bomboy) car la communication ne se fait que par radio et la ligne est souvent très mauvaise. Dans le même temps, Allen, un des leaders de la communauté qui habite Bluefields, a un problème de pangua en ce moment et il emprunte la notre. Du coup, bE et lui on fait un deal, on lui prête la pangua, il paie l'essence et amène des volontaires à chaque voyage pour qu'on puisse faire la maintenance, parler aux différents opérateurs, faire des relevés GPS (bE essai aussi de mettre en place un système d'approvisionnement en eau et du coup on doit avoir des données précises sur les distances et altitude de différent points) et accessoirement profiter du paysage et de la plage style carte postale....
Enfin voilà, demain, premier départ pour une communauté, un petit gout d'aventure, de l'excitation et une pointe d'appréhension tout de même.... Au programme, de la maintenance: peinture, mettre de la résine ça et là... Par contre pas de dances autour du feux aux sons d'un tambour de prévue, cette communauté ne fait pas ça, désolée.... On devrait revenir dimanche et promis, je mettrais plein de photos en ligne!

Sunday, 4 November 2007

Le retour de la pluie


Ca y est, mes mains sont sauvées, mes ampoules vont peut-être guérir.... il a plu!! Nous attendions ça avec impatience et la pluie n'arrivait pas. Mais là, jeudi soir, on a eu un bel orage et une bonne grosse et longue pluie. Notre tank d'eau est 1/3 plein.
Pour ceux qui penseraient déjà à me demander combien de temps ça dure 1/3 de tank je répondrais par avance: JE N'EN SAIS RIEN.... Cela dépend du nombre de volontaires que nous sommes, des douches que l'on prend, du linge qu'il faut laver.... Bref, trés difficile à prévoir mais nous faisons le max pour que ça dure le plus loooooooooonnnnnngteeeeemmmmppps possible!
Tirer l'eau du puit, ça donne une vraiment bonne idée de tout ce qu'on utilise en eau sans même s'en apercevoir dans les pays "développés". Exemples: Pour laver les légumes, on met juste un peu d'eau dans un saladier et on les lave tous dans la même eau, beaucoup plus économique que de faire couler l'eau. Pareil forcément pour laver la vaisselle et la rincer (un saladier d'eau permet de rincer vraiment pas mal de trucs). On peut aussi économiser énormément d'eau en se lavant à l'aide d'un bol qu'on remplis d'eau et qu'on se verse dessus au lieu d'une douche normale. Avec cette technique on se lave aisément avec l'équivalent de toute l'eau qui part dans une seule chasse d'eau!
Ca donne de la perspective, surtout que la plupart du temps, l'eau qui part dans les chasses d'eau des pays développés, c'est de l'eau potable qui a été traitée... ya pas à dire, c'est le grand luxe! Ici maintenant, ils développent les toilettes "séches" donc sans eau. Je n'ai pas encore bien tout compris leur fonctionnement mais il parait que c'est pas mal et surtout, hyper meilleur pour l'environnement! Notre chef de projet qui se fait construire une maison à coté de la casa bE va en mettre chez lui... Affaire à suivre...

Thursday, 1 November 2007

Le mataron a Max


Mardi, ici, c'était de nouveau férié et tous les volontaires, moi -en convalescence après mon WE malade- y compris nourrissions le doux espoir de pouvoir faire une grasse mat'..... Ce ne fut malheureusement qu'un espoir....
Vers 2H du mat, j'ai été réveillée par ma lampe qui s'est rallumée quand l'électricité est revenue, après 3H de coupure. Et oui, les coupures d'électricité sont assez fréquentes ici, en moyenne entre 5 et 20 par semaine, plus ou moins longues... Nous, on a la chance d'avoir un gros stock de batteries qui se rechargent sur le secteur et qui nous filent de l'électricité dés que le réseau est coupé donc en générale, on ne perd pas d'infos sur les ordinateurs. Par contre, je m'excuse d'avance pour tous ceux à qui je parle sur skype, ça fait bugger sérieusement la connection internet et la connection de skype n'y survit généralement pas....
Ensuite, un peu avant 5H du mat (il faisait encore nuit), réveil en sursaut par une musique très forte diffusée par un taxi au ralenti qui roulait toutes fenêtres ouvertes. Notez que je pense que s'il ne l'était pas avant, le chauffeur du dit taxi doit maintenant être sourd. Enfin, le taxi roulait bien lentement et a fait demi-tour devant chez nous, ce qui m'a laissé le temps de passer la tête par la fenêtre pour voir d'où le vacarme venait. Suivait ensuite une moto de police aux alarmes tonitruantes. Dans mon demi-sommeil, j'ai crus qu'il poursuivait le taxi mais non, les lois anti-bruit n'existent pas (encore?) ici et il suffit de passer un jour à Bluefields pour s'en rendre pleinement compte. Suivant le policier à moto, on avait une camionnette avec une plateforme arrière et sur cette plateforme, une batterie et un mec qui jouait de la grosse caisse. Cette mini-cavalcade de réveil se refermait avec un autre taxi tout aussi tonitruant que le premier. Ils sont repartis comme ils étaient arrivés et je n'ai pas encore bien compris l'utilité de la chose en ce jour férié.
Apparemment, la procession de 5H du mat avait bien réussi à faire lever le voisinage et c'est vers 7H qu'on a de nouveau été réveillé par des enfants du quartiers qui appelaient Sébastien. Ils l'ont appelé pendant une demi-heure et ne lâchaient pas l'affaire donc il a fini par se lever. Moi là j'étais complètement réveillée et j'ai entendu Sébastien descendre leur parler.... Il n'a pas fallu longtemps pour comprendre, la première chose qu'ils lui ont dit fut "le mataron a Max" d'une même voix mêlée de tristesse et d'un je ne sais quoi d'excitation.... Ils ont tué Max, c'est ce qu'ils disaient. Max, c'était un de nos chiens, le frère de Suzy avec qui il faisait bien des bêtises et notamment poursuivaient les passants (avec une préférence marquée pour les gamins) dans la rue comme des dératés.... La veille, j'avais eu des commentaires de 2 mecs passablement éméchés comme quoi nos chiens étaient mauvais et je n'ai pas bien compris le reste mais le ton n'était pas des meilleurs. Du coup quand j'ai entendu "ils ont tué Max" j'ai quand même un peu flipper. Mais non, Max a "juste" était renversé par un taxi pendant la nuit.
Comment je sais que c'est un taxi? C'est qu'ici, comme il n'y a pas de route qui sorte ou arrive à Bluefields, il y a très très peu de voitures privées et 95% de ce qui roule avec un moteur et 4 roues sont des taxis. Toujours la même voiture, interdites dans tout le reste du pays pour sa mauvaise tenue de route au dessus des 50km/h mais autorisées ici vu qu'on a peut de chance de dépasser les 50km/h en pleine ville. Elles sont plus ou moins (généralement PLUS) tunées et costumizées. Les chauffeurs roulent comme des tarés (je ferme souvent les yeux pendant le trajet pour éviter de voir ce qui va se passer quand un gamin traverse la rue sans regarder et que le taxi ne semble ni dévier ni freiner)... Je n'ai toutefois pas encore vu d'accident et Max a été ma première vision de chien mort sur la route....
Enfin voilà, en ce jour férié de mardi, tous les volontaires étaient debout à prendre leur petit-déj' à à peine 8H du mat.... de quoi profiter pleinement de la journée ensoleillée (hé oui, toujours pas de pluie...).

Monday, 29 October 2007

Le droit à un nom et une nationalité


Ce matin, j'ai entendu une pub à la radio, en anglais, pour pouvoir être comprise par la majeure partie des populations de la côte atlantique du Nicaragua et des Corn Islands. C'était une pub pour le programme "the right to a name and a nationality": "le droit à un nom et à une nationalité". C'est un programme soutenu pour l'UNICEF et d'autres assoc humanitaires. En fait, au Nicaragua et dans d'autres pays, l'enregistrement de l'enfant qui nait ne coule pas de source du tout. Ici, seulement 82% des enfants sont enregistrés. D'après une enquête de l'UNICEF, la pauvreté (l'enregistrement de l'enfant n'est pas gratuit et le voyage peut être long jusqu'au bureau d'enregistrement) et le manque d'éducation sont 2 des principales causes du non enregistrement de l'enfant...
La question est de savoir ce que font les enfants non enregistrés.... Généralement, ces enfants là sont des proies faciles pour les adoptions illégales, le travail forcé, la prostitution infantile...
Et puis imaginez, grandir dans son propre pays et n'avoir aucun papier.... Ca vous laisse une idée de l'organisation administrative ici et du néant au niveau du système social Nicaraguayen! La sécu.... ces gens là n'en entendront certainement jamais parler.... L'école obligatoire? Comment peut-on obliger un enfant qui n'existe pas à aller à l'école? Et acheter une maison, ouvrir un compte en banque, connaitre précisément son age si les parents sont absents??? Toutes ces choses qui pour nous semblent tellement évidentes...

Wednesday, 24 October 2007

Ce n'est pas une expo


Et oui, on dirait une installation d'art plastique.... Et bien que nenni, c'est l'endroit de l'atelier où différentes pièces sont peintes et en train de sécher! Bientôt, ça va changer, ils vont construire une cloison pour éviter que tout le monde soit aspergé de peinture quand quelqu'un peint au pistolet et pour éviter les effets néfastes des solvants sur les gens qui ne sont pas en train de peindre (ceux qui peignent ont des masques).
Voilà, ça, ça fait parti de mon boulot et demain, je devrais commencer mes travaux de peinture.... Enfin, devrais-je dire coloriage... En fait on va peindre nous même les panneaux de signalisation (interdit de fumer, mettre des gants...) mais comme je n'ai aucune confiance en mes talents de dessinatrice, Sébastien, un autre volontaire, va dessiner les contours et moi je vais colorier... wouhou.... Je vous montrerais des photos de mes exploits plus tard!

Sunday, 21 October 2007

Avis de recherche...


Voilà, depuis mercredi j'ai changé de chambre pour une avec un grand lit (ouai trop cool) et un peu plus à l'ombre (encore plus mieux) et surtout ne donnant pas sur la rue (un tantinet moins de bruit, le paradis...).
Ce qui est moins le paradis c'est que j'ai une infestation de petit vers bizarre (dont vous voyez la photo plus haut). Au début on dirait une graine, jusqu'à ce qu'une petite tête de vers sortent par un bout... yeuk...
Je n'ai aucune idée de ce que ça peut être. J'ai demandé à plusieurs locaux, seul un m'a dit qu'il connaissait l'animal mais ne savait pas son nom. Enfin, j'ai pu lui demander si c'était dangereux... ça n'a pas l'air comme ça mais faut se méfier de tout ici, y des petites bébétes qui vous pondent sous la peau (ensuite les larves se nourrissent de votre chaire et je m'arrête là parce que ça devient vraiment dégueu...) ou des vers qui vivent sous la plante des pieds... Il m'a dit que non mais qu'en même temps valait mieux pas les laisser là. En même temps, je pensais bien aussi m'en débarasser depuis qu'un de ces petits intrus à voulu passer la nuit dans mon lit....
Du coup je me suis pris une grosse suée samedi en plein aprém pour faire le nettoyage à fond de ma chambre... Ca valait le coup, ici, à cause du climat tout humide et chaud, dés qu'il n'y pas de mouvement dans un endroit, plein d'animaux plus ou moins (plutôt moins à mon avis) charmants l'investissent pour en faire leur demeure. Donc typiquement derrière le lit et les étagères, il y avait pas mal de truc à "évacuer"! Enfin maintenant c'est bon, j'ai une chambre propre et (pour l'instant) sans vers!

Friday, 19 October 2007

Dance de la pluie??


Cela fait une dizaine de jours qu'il n'a pas vraiment plu ici. Je veux dire, une vrai bonne pluie tropicale avec laquelle tu peux prendre une douche sans problème, qui fait déborder les gouttières, qui fait tellement de bruit sur les toits en tôle que tu t'entends plus parler, qui ne laisse aucune chance au linge en train de sécher, qui transforme les rues en un vaste système aquatique avec ses ruisseaux et ses marres....
J'ai jamais été une grande fan de la pluie mais je dois dire qu'ici, je les aime beaucoup ces pluies tropicales car elles remplissent notre réservoir d'eau. Toute l'eau dans nos robinets vient de ce tank et là, et bien il est vide, du coup, plus d'eau au robinet. Ca, ça implique pas mal de choses: aller acheter de l'eau potable en grosses bombonnes pour boire et faire la cuisine, aller chercher de l'eau au puit pour le reste. Donc maintenant, tout se passe avec un seau: on le remplit de l'eau du puit et ensuite, on s'en serre pour tout: prendre une douche (on a une petite coupelle et tu te verses l'eau dessus), faire la vaisselle, remplir la chasse d'eau, laver le linge...
Le détail qui tue: ils ont tous des puits ici mais ils n'ont pas de système de tout à l'égout du coup les eaux usées vont où elles peuvent et du coup elles s'infiltrent sans traitement préalable dans la terre pour rejoindre leur copine l'eau du puit.... Bon... il faut pas trop y penser quand on se douche ou que l'on fait la vaisselle avec!
Le bon coté pas prévu du tout: hier soir on a laissé une bassine pleine d'eau dans la cuisine et notre amie la souris a été curieuse et c'est foutu dedans.... elle est morte noyée (OK, je l'ai peut-être un peu aidé)! Une chance de moins d'avoir nos cables d'ordi bouffés!

Thursday, 18 October 2007

L'anniversaire de Miguel


Lundi, c'était l'anniversaire de Miguel, le fils de Pina qui nous aide à la maison. On a donc été tous (les volontaires) invités à venir chez sa soeur pour une petite fête d'anniversaire.
En début d'après-midi, on a été d'abord aider à la cuisine avec Séb.... c'était très instructif, on a vu comment ils préparaient une espèce de soupe au lait de coco et fruit de mer (le secret est de faire cuire le lait de coco avant pour éviter qu'il ne se sépare avec l'eau d'un coté et une espèce de crème de l'autre) et on a vu aussi l'eau qu'ils utilisaient: l'eau du puit, non filtrée. Du coup, note perso pour plus tard: ne pas prendre de fresco (leur jus de fruit à l'eau) ou n'importe quoi qui pourrait avoir de l'eau non bouillie dedans. Pendant notre pré-visite, on a eu aussi le droit de gouter à une espèce de crème maison faite à base d'algue, de sucre et de colorant.... assez bonne mais pas mal sucrée et assez pesante dans l'estomac!
On est rentré pour se préparer (les anniversaires c'est sérieux ici, il faut s'habiller un peu) et on est reparti. Dés notre arrivée, on a été assailli par tout le monde et surtout les enfants. Est venue l'heure du gâteau et là j'ai appris une nouvelle tradition locale: D'abord ils chantent "joyeux anniversaire" mais en anglais et quand ils ont finis, ils se mettent à trépigner en chantant "et maintenant on veut du gâteau et maintenant on veut du gâteau" "ya queremos pastel ya queremos pastel"... j'ai du me faire aider pour comprendre cette deuxième partie dans la folie générale.
Les gâteaux ici sont généralement des gâteaux assez simples mais recouvert d'un énorme glaçage à base de blanc en neige, sucre et colorants, ça donne des gâteaux plus ou moins appétissant au final....
Après les gâteaux, vient le moment inévitable de la danse. Toujours sur les mêmes musiques que l'on commence à bien connaitre maintenant et toujours assez proche de ton partenaire (tu ne danses pas tout seul ici, quelque soit la musique!).

Saturday, 13 October 2007

Anniversaire de Bluefields



Alors jeudi ici c'était férié pour cause d'anniversaire de la ville. Au programme, 2 défilés, un avec les fanfares de la villes et l'autre avec les groupes de danse, et surtout, la présentation des postulantes au titre très prisé de Miss Bluefields. Plus plein d'activités autour du "parque central", au coeur de la ville en face de la mairie.



Bon, nous on est parti trop tard et du coup on a loupé le défilé des fanfares. Mais bon, on est arrivé au parc vers midi juste pour mangé. Au menu, une spécialité locale, le baho, genre de pot au feu avec viande de boeuf, platano (ces bananes sallées) et yuka (=manioc), le tout avec un peu de colorant. Ils ont l'air assez fan des colorants alimentaire par ici, surtout le rose, moi bizarrement ça me donne moyen envie les bananes roses mais bon, on fait avec ce qu'on a et en fait le baho était hyper bon.

Ensuite, on s'est baladé dans le parc, et là je dois vous dire que j'aimerais grandement être beaucoup plus bronzée.... Ici, au milieu d'une population majoritairement de couleur, on ne passe pas inaperçu, c'est le moins qu'on puisse dire. En fait, tout le monde nous regarde, des gamins se retournent sur notre passage. Et alors une fois qu'on sort l'appareil photo, rien ne va plus. C'est courant que des gamins nous demandent de les prendre en photos, avec les numériques, ça leur plait, il peuvent se voir tout de suite. Ca leur fait plaisir et à nous aussi donc on le fait souvent....

Les mecs se sont aussi laissé tenté par une autre spécialité, une espèce de glace faite devant vous à base de glace pilé et d'épais sirop (pas naturel) de fruit avec en plus, à la demande, du lait concentré. Le tout fait un cocktail hyper sucré et du coup pas si rafraichissant. Moi j'ai évité, on ne sait pas vraiment d'où vient l'eau pour la glace et mon ventre n'est pas encore bien entrainé à tout les dangers de l'eau non filtrée d'ici...
Ensuite, c'était le défilé avec pas mal de groupe de danse et énormément de couleur, de bruits (les percussions...), le tout dans un joyeux désordre, c'était tout simplement génial!




Ensuite, retour vers le parc pour une petite bière à l'ombre puis on a assisté à la présentation des postulantes au titre très prisé de Miss Bluefields. Là, on a remarqué dans la foule 2 filles qui s'y fondaient aussi mal que nous. J'ai été leur parler et on a sympathisé (ça rapproche d'être étranger dans un endroit qui en compte si peu) et du coup on les a invité à diner le soir!

Wednesday, 10 October 2007

Félicitations à mon petit frére!


Juste un petit post pour féliciter mon petit frère de son succès aux examens théoriques de pilote de ligne. Il les a TOUS eus du premier coup! Wouhou!!
Félicitations encore p'tit frère, tu viendras me voir quand tu sauras voler tout seul au dessus de l'Atlantique!

Faire ses courses à Bluefields....

Voici une scéne que vous ne verrez par ici.... d'abord, ils n'ont pas tous ces fromages mais surtout IL N'Y A PAS DE SUPERMARCHE.... En fait Bluefields est tellement isolé qu'il serait trop couteux d'y créer un supermarché au niveau du ravitaillement. Ici on consomme les denrées produites dans le coin et parfois celles qui viennent de Managua mais qui sont du coup plus chères.
Vous allez me dire, les gens se débrouillaient bien avant, quand il n'y en avait pas (de supermarché)... Et c'est vrai, et nous aussi on se débrouille mais je peux vous assurer qu'ici, les courses prennent bien plus de temps. Bon en plus on est en moyenne 6 à vivre dans la maison plus une dizaine d'ouvriers qui viennent manger tous les midis donc les courses doivent être assez conséquentes. Autre handicape, nous n'avons pas, comme une immense majorité des gens ici, de voiture donc les courses c'est à pied et/ou en taxi.

Exemple: Vous allez faiire une tournée "typique" au supermarché en France pour acheter des légumes et des fruits, de la viande, des produits non périssables comme du thon en boîte ou des pâtes, des produits non comestibles comme du savon. Ca va vous prendre environ une heure et voilà, c'est potentiellement OK pour une semaine. Ici, on va:
- Chez le boucher, on achète la viande (du poulet et de la viande de boeuf hachée principalement) à coup de 30kg que l'on ramène en taxi. Ca, c'est quand on a de la chance, parfois, il n'a pas ce qu'on veut (typiquement pour le bacon il n'y en a carrément pas toujours) et donc on a 2 choix: soit repasser dans la semaine, soit essayer l'autre boucher, sans garantie de trouver le produit de nos rêves.
- Chez un vendeur de fruit et légumes. Là encore, ne vous imaginez rien qui puisse ressembler à un épicier en France. Ici c'est des magasins minuscules. En gros les gens y vendent ce qui poussent dans leur jardin. Cela entraine aussi le fait que l'on ne peut avoir QUE des fruits et légumes de saison et produits localement. En ce moment par exemple, c'est pas la saison de la goyave donc on peut en rêver autant qu'on veut et chercher partout, on n'en trouvera pas à Bluefields. Comme les magasins sont petits, ils est très souvent nécessaire d'en faire là encore plusieurs ou de repasser dans la semaine pour avoir ce qu'on veut.
- Chez en magasin plus général qui vend des œufs, pas mal de produits non périssables et également des produits non comestibles. Là encore, grande différence, il n'y a pas de rayonnage. On dit ce qu'on veut à la vendeuse et elle va nous le chercher dans l'arrière salle: pas de possibilité de choisir entre une marque X ou Y. Là encore, on achète généralement par 30kg de riz....
- Ensuite, il y a une pléiade de petits vendeurs ambulants qui passent dans la rue en hurlant/chantant ce qu'ils vendent: poissons, pâtisseries, glaces, plats fait maison... Il faut un minimum d'entrainement pour comprendre ce qu'ils vendent. Les vendeurs de poissons sont en général assez matinaux et régulièrement ils remplacent mon réveil matin (vers 6H...).
- Il y a aussi le tout petit marché, ouvert tous les jours avec plein de tout mini-stands qui vendent surtout des fruits, des légumes et des produits de la mer (huitres, langoustes, crevettes, poissons...).

Nous ici, avec tous les volontaires qui sont passé avant, on est assez rodé: un marchand nous livre fruits et légumes une fois par semaine (c'est Pina qui s'occupe de la commande par téléphone), on va chez le boucher une fois pour 2 ou 3 semaines (on a un énorme congélateur) et les autres choses, on se débrouille... en particulier en allant "chez Margarita" qui doit être un des plus gros magasins de la ville et qui vend pratiquement tout le reste dont on a besoin.

Enfin, je dois dire qu'au final, j'aime bien ça faire les courses ici (j'entends déjà des voix qui se disent: "forcément, c'est que le début"), mais non, ça a pas mal d'avantages: On se balade, on parle à pas mal de monde, ça fait travailler plein de gens de couches sociales bien différentes, on est sûr de manger des fruits et légumes de saison ce qui est bon pour l'environnement et on (ré)apprend à déguster les choses qui sortent de l'ordinaire comme le chocolat (et oui, il n'y en a pas ici ou très cher du coup, on n'en mange que pour les grandes occasions!).

Tuesday, 9 October 2007

Vive les petits animaux


Hummm.... Comme ici il fait chaud et humide, on vit les portes ouvertes et les maisons ont plutôt tendance à avoir des trous partout (pour l'aération).... Donc l'air passe plus ou moins bien mais ce qui entre pour sûr, c'est toutes sorte de petits animaux à 4 pattes.... ou plus malheureusement.
Dans la liste de ceux qu'on peut rencontrer dans la casa de bE:
- des chiens: OK on en 2 à nous (il paraitrait que c'est très utile d'en avoir ici pour éviter les visites nocturnes et non bienvenues de ces bêtes à 2 pattes qu'on appelle les humains...) mais d'autres du voisinage viennent régulièrement (ici pas de barrières ou de grillage ou autres murs) donc un saucisson sur pattes qui pue particulièrement. Nos 2 à nous nous font une bétise par nuit et du coup c'est la surprise du matin!
- des souris: on en voit régulièrement s'échapper dans le bureau, de l'évier de la cuisine et dernièrement une est passée sue le pied de Séb, un des volontaires. Pour l'instant, elles en me dérange pas trop mais en même temps, je les ai pas encore vu donc j'essaie de les ignorées. Je n'ai qu'une peur, qu'elle mange les cables de mon ordi!
- des blattes: ça y est, je suis revenue sur une terre d'accueil des horribles cafards, et ici, je ne sais pas si le climat leur fait la même chose que pour les plantes mais ils sont énormes. Leur habitat préféré: sous l'évier donc moi j'ai trouvé la parade, je n'ouvre plus les placards sous l'évier ou alors je laisse ouvert un moment (ils n'aiment pas la lumière) avant de chercher la casserole que je veux).
- des fourmis: elles sont partout, il y en a des grosses et des toutes petites, elles rentrent partout, même dans le pain et le pire du pire: elles mordent!
- des moustiques: leurs heures de sortie c'est à partir de la tombée du jour et ils ont l'air de bien apprécié le goût de ma peau. Bizarrement ils attaquent plutôt les pieds et les jambes donc tous les soirs, malgrés la chaleur, c'est pantalon et T-shirt manches longues parce que quand ils trouvent plus de jambes, ils attaquent les bras).
- Des araignées: pour l'instant dieu merci j'en ai vue que des petites dans la salle de bain
- Des gekkos, espéce de petits lézard blanchatres.... C'est mes préférés, ils sortent la nuit et mange les insectes. Ils sont assez petits et c'est assez incroyable de les voir chasser des trucs volants alors qu'ils doivent se cantonner à rester sur des parois. Je pense en faire un élevage dans ma chambre comme moyen de prévention des autres affreux précités.

Sunday, 7 October 2007

Aller au Nicaragua


Je suis partie jeudi matin après de très agréables aux revoirs avec famille/amis.
Malheureusement pour moi, mon cher neveu a profité des mes bisous d'au revoir pour me refiler son gros rhume, j'ai donc du prendre l'avion avec un gros rhume. Et bien, croyez moi, ESSAYEZ DE NE PAS LE FAIRE! J'ai cru que les oreilles aller exposées à chaque envol et à chaque atterrissage -3 de chaque! En fait, une de mes oreilles vient juste de se déboucher aujourd'hui, 2 jour après mon arrivée à Bluefields!

A part ces problèmes de pression, mon rhume m'a aussi donné des yeux rouges et larmoyant et j'ai du coup eu la « chance » d'être arrêtée pour une fouille plus poussée (contrôle complet de mon bagage cabine et controle « à la main » de moi-même (tout habillée quand même) à la fois à Paris et à Miami. A Managua, j'y ai réchappé bien que mon rhume ne ce soit pas arrangé, mais je suppose qu'ils ne sont pas aussi insistant sur ce type de contrôle ici...

A part ça, le voyage a été bien même si c'était un peu long, mais rien comparé aux 24H de voyage pour aller jusqu'en Australie. Je suis donc arrivée jeudi soir à Managua, température de 28° et air bien lourd (c'est la saison des pluies jusqu'en novembre). Là, je devais prendre un taxi nommé Victor qui est le taxi « officiel » de l'association. Problème: Victor n'était pas là, ça aurait été trop facile. En fait le chef de projet sur place, Guillaume, a eu pas mal à faire dans les derniers jours et du coup avait oublié d'appeler le taxi pour le prévenir de mon arrivée. Mais bon, j'avais son numéro de téléphone... Mais là encore, problème: Victor avait changé de numéro de téléphone et la combinaison de mon oreille bouchée et de mon inexpérience avec l'accent Nicaraguayen m'empêchaient de comprendre son nouveau numéro qu'il donnait sur la messagerie de son ancien. J'ai donc du faire appel à un mec à coté de moi pour qu'il écoute le message et m'écrive le numéro. De ce que j'ai vu pour l'instant les gens ici sont sympa et le mec l'a fait sans problème. J'ai appelé le nouveau numéro et attendu Victor encore 20minutes, assaillie par d'autre locaux me demandant si je voulais un taxi ou si je voulais aller dans un de ces luxueux hotels qui envoient des gens à l'aéroport pour prendre les touristes qui le veulent.

Victor est enfin arrivé et m'a amené à la maison que blueEnergy a dans Managua. Il était très sympa et aidant et dés qu'on a été dans son taxi il a appelé Guillaume (apparemment il n'y a pas de loi contre le téléphone au volant ici) pour que je puisse lui parler. Il a été décidé que je prendrais l'avion pour Bluefields le lendemain et que Victor viendrait me chercher pour que je sois à l'aéroport à temps pour prendre l'avion de 10H.

Le voyage jusqu'à la maison de nuit m'a donné un rapide et tout premier aperçu du Nicaragua. Je dois dire que si je n'avais pas su que j'étais dans une capitale, je n'aurais jamais deviné: aucun immeubles en vue, des rues à peine goudronnées et un désordre terrible, tout le monde dans la rue -voiture, vélo, piéton, charrettes tirées par des chevaux- font ce qu'ils veulent/peuvent pour arriver à leur but relativement rapidement et en un seul morceau. La ville à l'air très pauvre (elle l'est de toutes façons): les maisons sont mignonnes mais elles semblent avoir toutes étaient construites sans concertation avec un architecte et sans planification. La plupart d'entre elles ont une tolle ondulée en guise de toit. Un quartier entier était sans électricité et Victor m'a expliqué que 2 des générateurs de la ville ont des « problèmes » en ce moment et qu'il n'y a tout simplement pas assez d'électricité produite pour alimenter toute la ville 24H sur 24 et 7 jours sur 7, il y a donc des heures auxquelles les habitants savent qu'ils n'auront pas l'électricité. Il y avait aussi beaucoup de gens dehors, à manger ou boire un coup, ou devant des églises..... Les églises pullulent ici, il est posible qu'il y en ai plus que des écoles! Cela va de la traditionnelle église catholique à la plus extrémiste église évangélique et autres quasi-sectes, en bref, toutes les églises à 2 sous du monde entier semblent avoir trouvé leur place ici et comme elles ont pas mal de sous (surtout comparé aux finances locales), il s'en construit beaucoup tout le temps.

La maison de blueEnergy (bE) à Managua est sympa, simple mais bien. Elle est situé dans le centre de Managua dans un quartier plein de pub, café, discothèques et restaurants. 2 locaux y vivent et en prenne soin (ce n'est jamais trop bon de laisser une maison vide plus de 2 ou 3 jour ici). Je n'ai profité ni des cafés, ni de la maison si ce n'est de ma chambre: dés que je suis arrivée, j'ai pris une douche et été me coucher.

Le lendemain matin, je me suis réveillée tôt après une nuit pas vraiment paisible, avec les sons des oiseaux, des voitures et de tous ces bruits de rue qui semblent si différents d'un pays à l'autre. Victor est venue me chercher et m'amener à l'aéroport où nous avons attendu une petite heure pour voir si il y aurait de la place sur l'avion partant pour Bluefields à 10H. J'ai eu de la chance et des passagers ne sont pas venu pour s'enregistrer et j'ai donc pu prendre mon ticket pour cet avion. L'avion qui va à Bluefields est tellement petit que l'enregistrement des bagages est assez interessant: Tout d'abord ils pèsent ton bagage en soute, jusqu'à là rien d'anormal, puis ils te demandent de prendre tous tes bagages cabines avec toi et de monter sur la balance. Oui, vous avez bien compris, VOUS devez aller sur la balance vous-même avec vos bagages cabine. C'est assez interessant si vous voulez faire des statistiques sur votre poids quand vous partez en vacances... si vous ne voulez pas, vous pouvez vous arrangez pour ne pas regarder ce que dis la balance et essayer d'oublier que vous vous faites peser en publique ou alors vou vous réconfortez en vous disant que vos bagages cabine pèsent décidément très lourds! De toutes façons, je pense que la très petit taille de l'avion les obligent à vraiment bien gérer le poids de ce qu'ils mettent dedans, un surpoids pouvant être un gros problème pour les avions n'ayant qu'une hélice!

Après l'enregistrement, on vous donne un ticket d'embarquement en plastique dur de la taille d'un cahier d'école (la photo est dans un des albums photo), ensuite, il vous faut payer (pas beaucoup, 30 Cordobas (il faut environ 24 Cordobas pour faire 1€) mais bon quand même) pour entrer dans la salle d'attente. Vous n'avez pas le choix de toutes façons parce que vous êtes obligé de passer par la salle d'attente pour embarquer. L'avion était prévue à 10H, nous avons décollé à 10H30 mais apparemment rien d'anormal, c'est l'heure du Nicaragua... L'avion avait assez de place pour entre 10 et 15 passagers et il fallait vraiment le vouloir pour ne pas être assis à coté d'un hublot. On pouvait aussi voir les pilotes et leur station de pilotage, pleines de boutons et cadrans mystérieux...

Le voyage jusqu'à Bluefields dans ce petit avion c'est bien passé mais je peux vous dire que je ne faisais pas ma fiére: on avait une très bonne vue sur le paysage mais voir la roue du train d'atterrissage et le sol en dessous vous donne une perspective pas très réjouissante! Des photos de ce vol sont dans un album également sur facebook. Après une heure de vol, j'atterrissais à Bluefields où il pleuvait.

Tout est vert ici, tellement que ça en fait mal aux yeux pratiquement! La différence est frappante avec l'Australie! L'aéroport de Bluefields est petit mais ils ont quand même une station pour vérifier ton passeport. Là-bas, Arnaud, un volontaire français m'attendait avec un taxi pour me ramener à « la casa de blueEnergy » (la maison de bE). Les taxis ici sont vraiment pratiques et ils prennent toujours seulement 10 Cordobas pour n'importe quelles courses, sauf celles qui vont à l'aéroport qui sont un peu surtaxées. Le trajet jusqu'à la maison m'a donné un petit aperçu de la ville qui est VRAIMENT petite mais posséde un cinéma (COOOOOL quoique je doive toujours me renseigner pour savoir si les films sont en VO sous-titrée ou en version doublée espagnol).

Et voilà, je suis arrivée et je vous en dirais plus dans un prochain post.

un mot ou 2 sur blueEnergy


2 mots sur l'organisation de bE ici à Bluefields: Pour le moment, nous sommes 7 volontaires dont le chef de projet Guillaume. Il est à la fois français et américain alors que les 6 autres volontaires (dont moi-même) sont français. Guillaume en est à ça troisième année ici et c'est le frère de Mathias, cofondateur de l'organisation. Il y a Anne-Claire et Arnaud, un couple, tous les 2 ingénieurs, qui sont sur le point de repartir après une année passée ici. Ils travaillaient à la construction des systèmes et leur mise en place, ainsi que de la logistique (ça paraît beaucoup mais l'organisation quand ils ont commencé n'avait que 3 volontaires sur place). Il y a aussi Sébastion, qui a à l'origine une formation de « designer de jardin » (j'ai oublié le mot en français). Il est arrivée il y a à peu prés 2 mois et est en charge de l'atelier. Il va faire un an aussi, il était déjà venu l'année dernière pour 3 ou 4 mois pendant sont voyage sac à dos sur le dos au travers de l'Amérique centrale. Ensuite il y a Max qui est arrivé début septembre et qui est ici pour un an aussi (cela dit en passant, vous voyez bien que je ne suis pas la seule à passer un an ici). Max est en charge de la logistique qui devient de plus en plus pesante avec l'agrandissement de l'association. Enfin, il y a Rémi, arrivée à peu prés en même temps que Max. Il n'est là que pour 5 mois et essai de comprendre pourquoi nos turbines brûlent (littéralement!). Il y a aussi Julie, une volontaire que j'ai déjà vu une fois en France et qui devrait arriver bientôt, en fin de semaine ou la semaine prochaine. Elle est en charge de la communication et des études de marché. Elle vient déjà de passer 6 mois ici et est pour le moment en break en France pour 5 semaines.

A coté des volontaires, il y a une quinzaine de locaux, les Nicas comme ils s'appellent eux-même, qui travaillent pour l'association à l'atelier pour construire les éoliennes et les monter. Il y a aussi 2 femmes Nica, Pina et Elormi, qui travaillent à la maison pour le ménage et les repas (tous les gens travaillant pour l'assoc viennent ici prendre le repas de midi). bE aide chaque ouvriers à acquérir des compétences qu'ils pourront utiliser plus tard ailleurs s'ils le veulent. Par exemple, un des ouvrier ne sait pas lire et ils lui ont aménager ses horaires pour qu'il puisse suivre des cours d'alphabétisation. Pour tous, ils mettent en place ce qu'ils appellent des « capacitation » qui sont des modules de cours avec certificat à la fin pour chaque poste de travail nécessaire à la construction d'une éolinne (travail du bois, électricité, travail du métal) et c'est une partie de mon travail ici. Donc petit à petit, chaque ouvrier peut se construire et petit à petit construire pour lui-même un meilleur avenir professionnel, tous ces certificats étant reconnus partout au Nicaragua.

Dés mon arrivée, Arnaud est passé me prendre à l'aéroport et m'a dit qu'on etait sur le point d'être en retard à la réunion hebdomadaire qui a lieu avec tout le monde tous les vendredi à 11H. En fait, même en arrivant à 11H20, nous n'étions pas en retard et c'était mon premier aperçu de « l'heure Nica ». Ca a aussi été ma première rencontre avec la grande théorie de bE qui est: le plan est que le plan va changer.... et pour des raisons diverses, la réunion a été repoussée à 16H même jour.

En attendant, j'ai eu l'opportunité de rencontrer les autres volontaires et Mathias qui était là jusqu'à mardi (il vient tous les 3 mois pour une semaine environ). J'ai aussi eu une chambre après de longues discussions entre Mathias et Pina: Mathias voulait que je me mette avec Remy pour simplifier les choses en attendant le départ d'Arnaud et Anne-Claire mais Pina était très ferme sur le fait que ce n'était pas correcte pour une fille de partager la chambre avec un garçon (je précise ici qu'il y a 2 lits dans la dite chambre!). Enfin, j'ai eu une chambre et je vais bientôt sûrement déménager pour une autre quand Julie arrivera et que Arnaud et Anne-Claire partiront.

16H, le meeting. Et bien figurez vous que les restructurations ça existe aussi dans les associations.... enfin dans notre car apparemment on peut se passer du « re »... Comme l'organisation grandit très vite et que les demandes pleuvent littéralement sur nous, on doit accroître notre efficacité de production. Jusqu'à maintenant, les gas de l'atelier faisait ce qu'ils pouvaient/voulaient mais sans organisation. A ce meeting, il a été défini exactement qui fait quoi et quelles sont les heures de travail et également tout le procédés des certifications à tous le monde pour que l'efficacité augmente. C'est un moment clé en ce moment pour bE et je pense avoir choisi la meilleure time pour venir! En fait, le meeting fut une bonne opportunité de rencontrer tout le monde et de savoir ce que les gens font (le meeting commence toujours par un tour de table où chacun explique ce qu'il a fait dans la journée).

Donc vendredi est passé très vite et le samedi fut un autre grand jour avec la soirée que Anne-Claire et Arnaud organisaient leur goodbye party mais ça sera pour le prochain post....

Création du blog

Je remercie Céline qui par son blog (http://frenchiesinlondon.over-blog.com/) m'a donné envie de créer le mien après bien des hésitations!!