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Saturday, 23 May 2009

where does the time go???

Yep... that's already 2 weeks I haven't written and I'm about to leave for another week in the jungle where the monkeys awl and where internet is just not reaching....
My last adventures? Well, for a start I came back from Monkey Point in a drug dealer's boat without knowing it... I got told about the drug dealer guy afterward along with the fact that I was REALLY beyond naive sometimes... or all the time... Ho well. Everything is well, they were friendly and gave us a ride home for free...
And how did I find out... Well, really, I didn't, but Scott, who was with me for the ride, did. Actually, he thought something fishy was going on with the people in this boat but well, that was either going back with them or being stuck for 3 more days in Monkey Point (to think of it, the second option was not bad at all). Anyway, he ask some of his local friends when back in Bluefields and the rumor has it that a load of cocaine has been thrown away offshore of Nicaragua. People here know the streams and they know when a drug shipment is thrown to the water, it tends to end up somewhere on the beach around Bluefields area.
And so the crew members of our boat ride were passing by to look and ask around if they were any sign of the white lobster as they call these packet of very white cocaine bags landing on the beaches around here. Officially they were in Monkey Point so one of them could visit his mum living in this community. Unofficially... well, they asked around and dropped one guy on the beach in the middle of nowhere between Monkey Point and Bluefields (I actually remember that I did wonder at that point why the hell they were dropping the guy off there but well... people sometimes, more often than not, do strange things around here...).
I don't know the end of the story... that is, if they've found something or not. What I know is that rumors of drug cargoes being dumped at sea these days are getting stronger and that's a real possibility that a good numbers of locals are walking around on beaches in search of this unseasonal lobsters just as I write. Scary? well... kind of... But mostly I wonder, of course I know drug is bad but the people around really could use a bit more of cash flow: P. could use it to finish and build this eco lodge he's dreaming of, P. (a different one) could use it to build his church, D. could use it and live of it and come back to teach, M's family could use it to send her to high school or uni in Bluefields, G. could use it to refurbish the health center... so I wonder... what would I do if I end up finding one myself? What would YOU do?

Wednesday, 4 February 2009

Violence

Entendu un matin au petit déjeuner:
"Je reviens juste de la police, un mec a voulu tuer mon fils, il. Mais je leur ai dit à la police, s'il retrouve pas le coupable et qu'il arrive quoi que ce soit à mon fils, j'irais tuer le mec moi même". Forcément, j'ai posé des questions: Le fils a été menacé au révolver, l'oncle est emmelé dans l'histoire. Le voisinage a peur de ces personnes qui menacent, la police ne fait rien, les parents font justice eux même, une mère qui s'énerve, des bagarres de quartier à coup de machette et de pistolet, un fils qui sait où son pére cache son arme, mais le pére a des papiers pour le révolver donc tout va bien, une mére qui protége son fils, un fils qui pourrait tuer si on le menace trop, pour se défendre.... Et tout ça pourquoi: pour une histoire de vol de coq!
Donc, le fils avait des coqs, quelqu'un lui a volé 5 de ses coqs et les a revendu, le fils est passé devant chez un homme qui avait un de ses coqs volés dans son jardin (il l'avait probablement acheté au voleur) et il a tout simplement repris le coq. L'homme acheteur s'énerve, ils vont tous les 2 à la police, la police dit que si le coq est au fils, qu'il le garde. L'acheteur n'est pas content. Le fils se fait menacé mais par l'acheteur ou/et par le voleur qu'il a été visiter?
Vous ne suivez pas bien, moi non plus et pourtant j'habite ici depuis plus d'un an et je cotois les gens d'ici tous les jours.
Tant et tant de violence, dans les paroles, dans la vie quotidienne, dans la rue, dans les maison, dans les clubs qui fouillent les hommes à l'entrée à la recherche d'arme, dans les journaux qui montrent des cadavres à tout bout de champ, dans le coeur des gens d'ici... et être prêt à tuer pour un coq. Oui les coqs sont importants pour leur propriétaires, ils peuvent servir à faire une bonne soupe ou a gagner des sous en gagnant des combats de coqs... mais tant de violence pour un coq?


PS: J'avais écris cette article il y a une dizaine de jour mais ce WE la violence nous a frappé fort: un homme est venu devant une de nos maisons, complètement soul et surement avec un peu de drogue dans les veines, accompagné de sa machette. Il s'est planté là, de l'autre coté de la clôture, gueulant qu'il allait tuer tous les gringos. Les gringos ici c'est nous, le mec en question a déjà fait 4 ans de prison pour avoir couper le bras d'un autre (pas juste une coupure mais une ablation complète)... pas très rassurant! L'homme a été arrété samedi après déposition des volontaires témoins de la scéne à la police. Il ne devrait pas être relaché avant son passage devant le juge.... Pas toujours facile de vivre ici au quotidien!

Saturday, 24 January 2009

Obama entre à la maison blanche, Bacon entre à la mairie

La semaine dernière, Barack Obama entrait pour la première fois à la maison blanche en tant que énième présidents des USA. Tout le monde en parle, tout le monde célèbre, même nous à la maison avec les volontaires américains. Ils ont l'air drôlement contents de voir Obama en président, ils y croient, ils disent même qu'ils n'ont plus honte de dire qu'ils sont des Etats-Unis. Ils voulaient célébrer, nous avons tous célébrer, en écoutant le discours d'investiture puis avec un gâteau au chocolat et une piñata. Les USA et ses habitants semblent tourner une page.... historique espérons...
Et ici? Une semaine après? Feux d'artifice à 3H du mat' juste en face de la maison, puis sirènes de pompiers à partir de 4H jusqu'à 5H, heure où le cortège camion pompier + ambulance de la croix rouge + camionnette + fanfare passe sous nos fenêtres à une telle vitesse qu'un troupeau d'escargots les aurait facilement dépassé.... Le bruit de la nuit c'est arrêté à 6H du matin... il faut bien que les gens aillent travailler! Et tout ça pourquoi? Pour l'entrée du nouveau maire Bacon (notre voisin soit dit en passant) à la mairie de Bluefields....
Lequel de ces 2 évènements changera le plus la vie des gens d'ici? A voir... Ce matin, à part des poches sous les yeux des gens, rien n'avait encore changé: mêmes chiens errants (et laids), mêmes cabanes en planche et tôles, mêmes ordures sur les trottoirs, même adolescent bourré à 8H du matin... On en reparlera dans un an ou 2!

Friday, 23 January 2009

Bonnes résolutions...

Je viens de me faire tagger par Alice (c'est par ici si vous voulez lire) et donc d'après ce que je comprends, je dois écrire mes bonnes résolutions pour l'année 2009... Pourquoi pas, après je peux tagger d'autres gens, c'est le plus marrant.
Donc, les bonnes résolutions, voyons voir:

- Cette année je vais prendre une décision pour l'après blueEnergy ou du moins l'après mon 2ieme contrat VSI (en même temps j'ai pas trop le choix vu que mon contrat finit fin septembre 2009...).



- Cette année je vais faire plus attention à ce que je mange pour faire baisser mon âge sanguin (ma docteur m'a dit que j'avais un niveau de cholestérol d'une femme de 65ans)... Donc basta le chicharon (spécialité locale de peau de porc frite!) et les fritures à tout va (pas facile dans ce fritureland...).




- Cette année je vais faire du sport.... bon là ça coince un peu parce que les opportunités ne sont pas foison ici: pas de parc pour courir, pas de piscine pour nager, pas de gym pour... faire de la gym (correction, il y a en fait une salle de sport, dont les appareils semblent dater des années 60, aller, peut-être 70 si je suis gentille et qui sont tous cassés au niveau des réglages ce qui m'empêche par exemple de toucher les pédales du vélo d'appartement quand je m'assoie sur la selle...)... Bon, pour pas me mettre la pression, je vais plutôt dire: cette année je vais me bouger plus.




- Cette année je vais essayer de m'organiser pour éviter de me mettre la pression. Il va donc falloir commencer par arrêter de mettre tout en haute priorité parce que forcément ça rhyme à rien... le but final c'est d'arriver à faire plus de boulot en moins de temps.... et ben c'est pas gagné mais je garde espoir!
- Cette année je vais arreter de me stresser pour des petits trucs comme devoir faire à manger pour 15 quand je rentre du bureau crevée... J'ai déjà commencé mais il me reste à travailler sur ce petit sentiment de culpabilité que j'ai quand je me fais ma cuisine dans mon coin...
- Cette année je vais ecrire plus de posts sur mon blog. Soyez bien sûr que j'ai plein d'idées, juste le temps qui manque (il faut considérer que je fais exactement le même blog en anglais donc chaque article je dois le traduire....).
- Cette année je serais heureuse et j'arrêterais de me prendre la tête pour savoir où je serais dans 10ans, pourquoi j'ai pas choisi ça au lieu de ça... il n'y a que le moment qui compte et il ne peut être vraiment significant que si on lui en laisse l'occasion... J'essais!

Voilà, ce sera tout pour mes bonnes résolutions publiques, j'en ai d'autres un peu plus perso mais une de mes autres résolutions est de les garder pour moi!
Et donc à mon tour je vais tagger quelques personnes blogueuses (yeah)... Vous pouvez lire leur blog en suivant les liens, ils sont plutôt cool (les 3 derniers sont de volontaires vivant avec moi, pour les gens qui veulent en savoir plus de la vie ici)! Donc je tagge Céline, Guilhem et Fanny, Clément et Julie.... libre à eux de répondre...

Thursday, 23 October 2008

Jour de l'indépendance


Le jour de l'indépendance c'était fin septembre et je sais que j'ai beaucoup de retard!!! Sur la photo vous pouvez voir toute la fanfarre de l'INATEC au petit matin, c'est à dire vers 6H30!!! Ils attendent le début de la marche.
La journée de l'indépendance commence à 3H30 du matin pour certains volontaires courageux qui prennent place avec trompettes, tambours et sono à fond sur le camion des pompiers (toutes sirénes dehors) pour arpenter les rues de la ville histoire de réveiller tout le monde pour la marche qui devait commencer entre 6 et 7H...
La marche était incroyable, non seulement les fanfarres et majorettes défilent, mais aussi les étudiants des écoles et même les professeurs.
Chaque école a sa banière, ses uniformes, sa fanfarre, ses majorettes.... C'est plein de couleur et plein de bruit, assourdissant et ahurrissant de voir autant de monde défiler dans la rue et autant de monde pour regarder... Bien sûr en réfléchissant il y a tellement de personnes qui défilent que forcément il y a presque tout Bluefields dans la rue pour voir défiler un frére, un fils, un cousin, un papa (ou la même chose au féminin)...
A voir passer toutes les écoles, ça devait bien prendre une grosse heure... Que j'ai passé en plein soleil à prendre des photos. L'INATEC passait en dernier et donc j'ai ensuite suivi le cortége... Le tout c'est fini aux alentours de 10H30... il faisait déjà trés chaud, les "défilants" étaient déjà tout trempés de sueur ou par la pluie (qui est tombé sur la fin)... et là on comprend mieux pourquoi ils commencent leur défilé si tôt.
Loic, le volontaire français qui a intégré la fanfarre de l'INATEC, était bien crevé après ces heures de bombo! Un détails marrant, même avec ses lunettes noires et sa casquette au milieu de la fanfarre, les gens le pointaient du doigt.... Il parait vraiment difficile, du style mission impossible, de se faire passer pour un local ici!
Forcément une description c'est un peu vide de sens mais vous pouvez voir mes photos sur facebook en cliquant ici et là vous allez comprendre ce que ça veut dire une "marche" à Bluefields!

Wednesday, 1 October 2008

Un an déjà....

Ca fait déjà un an que je suis ici... Un an que je suis arrivée, enrhumée et sous la pluie, sans comprendre beaucoup de ce que les gens me disaient....
Au dessus, 12 petites photos, une pour chaque mois que j'ai passé ici... En bas, 4 photos de groupes de l'équipe bE prises au cours de l'année, vous pourrez noter l'évolution et le changement constant de têtes...
Alors, qu'ai-je appris durant cette année???
- Pas mal d'espagnol
- A écrire un blog même si c'est pas toujours régulier (pardon...)
- A danser la bachata, le regeaton, un peu de soca, le vallenato, un peu la salsa (enfin apprendre c'est un bien grand mot, je devrais plutôt dire en fait que j'ai appris à suivre mon partenaire...)
- Que Felix c'est pas toujours le nom d'un chat, ça peut aussi être celui d'un ouragan ou d'un homme, mais qu'il faut quand même se préparer à entendre "comme le chat?" si tu parles d'un Felix...
- A ne pas boire de lait tous les matins (ben oui ici c'est très cher le lait et en plus avec un système digestif déjà assez surmené, ça passe pas toujours très bien). Dans la même veine j'ai appris que quand les pubs disent que le yaourt c'est bon pour la flore intestinale, et bien c'est vrai...
- A savourer et profiter de toutes ces petites choses auxquelles on ne fait pas toujours attention quand on vit dans le monde "développé" (un carré de chocolat, un pot de yaourt, un mois sans coupures de courant, internet qui marche, l'arrivée de la pluie...)
- Qu'il y a vraiment pas mal de gens qui sont créationnistes, en tous les cas bien plus que ce que je pensais avant d'arriver ici
- A consommer moins d'eau et a y faire attention (à l'eau propre je veux dire) comme la prunelle de mes yeux
- Pas mal de choses sur les énergies renouvelables et particulièrement l'éolienne (mais il me reste pourtant tellement à apprendre)
- A connaitre, reconnaitre et faire l'expérience du cercle vicieux de la pauvreté (Pauvreté donc manque d'éducation donc travail médiocre donc pauvreté..., ou pauvreté donc manque d'éducation donc pas d'éducation sexuelle donc grossesses adolescentes donc abandon des études donc pas de travail ou pas un bon donc pauvreté...)
- Que j'ai fait le bon choix en venant travailler ici pour bE!
- Qu'on est bien chanceux en naissant dans les pays "développés" (enfin, en majorité...)

Wednesday, 10 September 2008

Entrainement des troupes...

Fanfare en entraînement, avec majorettes et tout et tout

C'est bientôt la fête national du Nicaragua (c'est le 15 septembre) et ici pour la fête national, c'est pas l'armée qui défile mais les fanfares des différentes écoles de Bluefields.
Imaginez-vous si des fanfares d'écoles défilaient au 14 juillet: chaque année vers septembre ou octobre, les écoles commenceraient à recruter des élèves pour la fanfare. Ensuite il y aurait un professeur ou directeur de fanfare qui se chargerait de l'organisation. Il y aurait aussi des entraînements réguliers genre une fois par semaine après les cours ou entre midi et 2 pour apprendre différentes musiques. L'école fournirait un local pour que la fanfare puisse s'entraîner et avec un peu de chance quelques instruments. Les instruments seraient variés incluant percussion, cordes peut-être mais surtout cuivres et n'importe qui pourrait jouer de n'importe quoi. Pour s'entraîner à marcher en rythme la fanfare irait sûrement marcher autour d'un terrain de foot. Il y aurait aussi un comité de parents pour l'uniforme, peut-être une aide aux parents ayant peu de moyens pour que leurs enfants puissent participer à la fanfare....
Imaginez vous tout ça et dites-vous qu'on est vraiment chanceux en France. Ici l'entraînement pour la marche du 15 septembre commence aux environs du 15 août faute de directeur de fanfare ou d'organisation digne de ce nom. Ici les fanfares sont composées d'élèves certes mais aussi de jeunes adultes travaillant ou de jeunes enfants dont la sœur ou le frère est dans la fanfare, n'importe qui du moment qu'ils peuvent payer leur uniforme et qu'ils peuvent se procurer un instrument. Ici il n'y a que des tambourins ou des grosses caisses, joués toujours par des garçons à ma connaissance, et des genres de xylophones, toujours joué par des filles (à ma connaissance aussi), pas de cuivres... Ici il n'y a pas de locaux pour les entraînements qui se font du coup dehors, après 17H pour que les gens qui travaillent puissent y assister. De là la mauvais qualité des photos de ce post, prise à la nuit tombante (il fait nuit noire à 18H ici). Ici pas de locaux ni de lumière en fait... si le besoin de clarté se fait ressentir pour les majorettes ou pour les joueuses de xylophones, la fanfare va jouer dans la rue même, ce qui lui permet en même temps de s'entraîner à la marche (mais qui peut s'avérer dangereux du fait des voitures...). Ici pas de comités pour les uniformes, ceux qui peuvent les payer rentrent dans les fanfares, les autres restent sur le côté... à les regarder passer.
Malgré (du fait de?) toutes ces difficultés, les gens s'enthousiasment pour les fanfares, les gens s'arrêtent dans la rue pour voir passer une fanfare en entraînement, les mamans parlent de leurs enfants dans telle ou telle fanfare avec fierté, ou bien commencent à économiser pour que leurs enfants puissent participer, peut-être, l'année prochaine... Une chose est sûr, tout le monde sera dimanche en centre ville pour voir passer le défilé, tout le monde sera là, au même endroit, au même moment, pour partager cette allégresse nationale et pour oublier au moins quelques heures les difficultés quotidiennes au rythme de la marche.
Fanfare au repos

Sunday, 17 August 2008

Au bureau de police

Donc.... où en étais-je.... Ha oui, l'attaque...
Le lendemain, j'ai décidé d'aller à la police porter plainte. Nous sommes donc allé avec I., subdirecteur de bE (et Bluefieldegno), et M. J'étais partie pour une demie-journée (au moins) d'attente et de passage dans différents bureaux mais c'était sans compter sur la présence d'I. qui connaît pas mal de monde ici dont le chef de la police à Bluefields et ça, forcément, ça aide. Résultat, à peine 10 minutes après être entrés, nous étions déjà en train de donner notre déposition à un policier qui écrivait sur une machine à écrire de l'après guerre.
Je n'ai pas pu prendre de photo mais l'endroit mérite une bonne description: le bureau des dépositions est partagé en plus petits bureaux avec des cloisons à hauteur d'homme style "open office". Chaque "box" est juste assez grand pour loger une table et une chaise. La table doit être de la taille d'un double format A3 au grand maximum et il ne faut pas être trop gros pour espérer pouvoir s'asseoir sur la chaise devant la table sans devoir pousser la cloison. Il y a une bonne demi douzaine de "box" comme ça dans le bureau. Sur chaque table, une machine à écrire, pas d'ordinateurs en vue. Vu que la machine à écrire n'est pas une top moderne de la dernière génération, elle prend tout l'espace de la table et il faut dont la lever et la mettre de coté pour pouvoir poser des papiers sur la table et les faire signer. Voilà pour la description physique des lieux.
Nous avons donc été donner notre déposition le matin puis nous sommes aller trouver un des témoins qui nous avaient dit la veille qu'il viendrait déposer si nous décidions de porter plainte. Il s'avère qu'I. connaît aussi cet homme là ce qui a de nouveau rendu les choses bien plus faciles et rapides.
Si rapides même que dans l'après midi la police nous appelait déjà pour nous demander de revenir au poste identifier l'homme qu'ils avaient arrêté sur les dires du témoin. Nous y sommes donc retournés, accompagnés cette fois aussi de S. qui n'avait pas encore fait sa déposition. A peine arrivés à la police, le policier qui avait pris notre déposition le matin commence à nous faire un sermon véhément sur notre manque de bon sens et la stupidité de se balader la nuit seules, il continue sur le même ton en nous disant que le mec qu'ils ont arrêté est un type dangereux qui aurait pu nous faire bien plus que nous voler comme nous couper la main, la gorge ou une oreille (dans cette ordre...). Après cette (nécessaire???) élocution quelque peu intimidante, il nous demande si on veut identifier l'homme et ouvre tout simplement la porte du bureau des déposition, où l'homme qu'il nous a décris comme très dangereux est juste là, assis sur une chaise bien sûr SANS menottes, sans rien.... Si ce n'était pas pour les drogues qu'il avait dans son sang et qui l'assommaient (a priori l'homme est un drogué), l'homme en question aurait très bien pu nous voir, graver nos visages dans sa mémoire.... on peut imaginer le pire, ou pas, c'était juste très loin de la vision des films et téléfilms où on vous demande d'identifier l'agresseur derrière un miroir sans teint avec une rassurante cloison entre vous et lui.
Mais le plus incroyable était encore à venir: le policier voyant S. lui demande de faire sa déposition. Elle est d'accord et donc il nous fait rentrer dans le bureau et prend sa déposition (qui inclue, nom complet, adresse, numéro de téléphone, numéro de passeport...) avec S. assise juste à coté de l'agresseur qui oscille sur sa chaise sous les effets des drogues. Pendant sa déposition, un autre policier arrive et commence à draguer ouvertement S.... Imaginez vous la scène, nous encore sous le choc du sermon du policier en train de faire une déposition en essayant d'oublier la présence du criminel juste à coté pendant qu'un policier fait des compliments à S. tout en lui demandant si elle est libre!
Enfin bref, la conclusion de la journée c'est que même si aucune de nous pouvons affirmer que l'homme arrêté par la police est bien un des 2 qui nous a attaqué, c'est un délinquant en moins dans les rues de Bluefields... La suite de l'histoire ce sera pour plus tard, quand le procès se fera. Comme je suis encore ici jusqu'à au moins octobre 2009, j'espère pour la justice du Nicaragua que le procès se fera avant et dans ce cas là je devrais aller témoigner...
C'est comme ça que pour un petit porte monnaie un jeune homme va passer un bon temps (bon dans le sens de long mais certainement pas d'agréable parce que je ne pense pas que la prison de Bluefields a quelconque ressemblance avec un camp de vacances ou même à une prison française) à l'ombre... c'est comme ça qu'on gagne une guerre? Personnellement oui parce qu'il va être puni pour le vol de mon porte monnaie. Pour la communauté, sachant que les services d'aides aux prisonniers, d'aide à la réinsertion ne sont encore qu'un rêve par ici, j'ai comme un doute.

Monday, 4 August 2008

Bluefields la nuit...

De jour, photo prés de l'endroit de l'attaque...
.... Ben c'est pas très sexy ni romantique Bluefields la nuit....
Et oui, mon retour de vacances fut dur, le lendemain de mon arrivée je me suis faite attaquée dans la rue par 2 mecs probablement drogués....
Ne vous inquiétez pas, "NO HAY FALLA" comme ils disent ici, je vais bien, tout va bien. Ils en voulaient juste après mon porte monnaie qui devait dépasser de la poche de mon jean.
En (bien plus de) 2 mots: on revenait de boire un coup avec S. et M., il était seulement (première erreur) 22H et on marchait sans bien faire attention autour de nous (seconde erreur, que dis-je, énorme bourde). 2 mecs se sont approchés sans qu'on y fasse attention, un m'a arrêtée mais j'ai cru que c'était juste un type bourré qui voulait me toucher les seins (courant malheureusement par ici à ces heures là).
Mais bon, quand j'ai fait mine de l'écarter il a tenu bon. S'en est suivi d'un bataille sans grand suspens (je n'aurais même pas parié sur moi) entre lui qui me fouillait les poches et en même temps me tenait les 2 bras (je n'écarte pas l'idée d'avoir été attaquée par un allien à au moins 3 bras) et moi qui avait l'idée fixe de le morde pour me défendre (haaa la panique ça vous fait faire des choses bizarres). Pendant ce temps là non loin de là.... son "collègue" paradait devant les filles avec machette à la main histoire de les dissuader de venir à mon secours. De nouveau rassurez vous, il ne s'en ai pas du tout servi...
Comme vous vous en doutez, le méchant a gagné (mais juste cette bataille) et il est parti en courant avec son copain accompagné de mon porte monnais, peut-être de mon bracelet (je suis pas sûr s'il l'a pris où si je l'ai perdu dans la pseudo lutte) et une partie de mon T-shirt (juste le bas pour ceux que ça pourrait inquiéter, j'étais tout de même convenable dans la rue)....
Bizarrement, aucune de nous ne peut se souvenir des visages des agresseurs et aucune de nous n'a pensé à crier... je crois... parce qu'en fait tout c'est passé si vite que les souvenirs sont flous. Bizarrement aussi on a continué à marcher jusqu'à ce que la pluie nous persuade de prendre un taxi.
Tout de même, lueur d'espoir dans ce monde de brutes, avant de monter dans le taxi, un groupe de personnes qui avaient vu la scène de loin (mais qui ne sont pas venus nous aider!) nous ont dit de repasser le lendemain si on décidait d'aller à la police pour qu'ils puissent témoigner...
Et voilà, de nouveau, seulement des pertes matérielles donc de ce coté là rien de bien grave et puis il faut voir le bon coté des choses, maintenant je fais beaucoup plus attention à mes alentours quand je suis dans la rue et je prends un taxi après 20H pour me déplacer... Et puis, au final, je vais gagner la guerre mais je vous en dirais plus là-dessus dans le prochain poste...

Saturday, 5 April 2008

Jaja

Je vous avais déjà présenté Jaja dans un post précédent. Originairement, on l'avait pris pour qu'elle puisse garder la maison de l'INATEC où vivent 2 volontaires. Mais voilà, elle était trop petite pour vraiment faire l'affaire et donc elle vivait dans la grande maison avec Susie en attendant qu'elle grandisse, prenne des forces et apprenne à aboyer...
Ca, c'était le plan, mais comme tout plan qui se respecte chez blueEnergy, le plan a changé, par la force des choses: On nous a volé Jaja... Et oui, ces choses là arrive ici. Jaja était encore petite et pouvait passer sous la cloture, elle était bien plus jolie et en forme que la plupart de chiots ici et quelqu'un l'a pris pendant la nuit en l'attirant dehors dans la rue. Susie se retrouve donc de nouveau seule et nous il va falloir qu'on se retrouve un chiot...
Tout ça vous parait iréel... A nous (les volontaires) aussi... A quand un garde humain pour garder le chien qui garde la maison de l'humain?

Friday, 21 March 2008

Vacances tranquilles...

Ce week-end, c'est Pâques et Pâques dans un pays d'Amérique Latine à dominance chrétienne ça veut dire semaine sainte.... Depuis vendredi 17H30 exactement nous sommes donc tous en vacances jusqu'à lundi matin 7H. Ah oui ici c'est bizarre, officiellement il n'y a que le jeudi et vendredi de Pâques qui sont fériés (même si beaucoup d'entreprise ferment toute la semaine comme nous) mais le lundi est travaillé...
Tous les volontaires ont décidé de profiter de cette semaine pour voyager, la plupart vers les Corns Islands (les îles de Maïs). Moi, comme j'étais fatiguée après avoir été bien malade, et que je dois mettre de l'argent de coté pour juillet, quand je vais voyager avec Janine et Thomas, j'ai décidé de rester ici.
Je pensais qu'avec tout le monde parti, j'aurais une maison bien calme pour moi... Que nenni, c'était sans compter sur Guillaume qui est ici aussi et qui a décidé de profiter de cette semaine pour faire un grand branle bas de combat dans la maison avec les 3 cuisinières et quelques ouvriers de l'atelier pour qui l'opportunité de se faire quelques dollars de plus est une chose à ne pas laisser passer. Ça a commencé lundi par un remaniement de la bodega (cellier). On ne pouvait pas mettre un pied devant l'autre sur la terrasse parce que toute la bodega était là. Comme on a décidé d'en profité pour tout fumigéner (dans l'espoir vain de se débarrasser des moustiques qui ici attaquent en masse et sont porteurs de la malaria et de la dengue...) les placards de la cuisine ont aussi été vidés dans le bureau de Guillaume. Ce n'est que mercredi que tout est rentré dans l'ordre au rez de chaussée.
Après inspection de l'étage au dessus, où nous avons nos chambres, Guillaume a aussi décidé de refaire faire le carrelage de l'étage dans tous le couloir et ma chambre (dans ma chambre le carrelage ressemblait à une montagne russe). J'ai donc du vider toute ma chambre pour que les meubles puissent être tous sortis pour pouvoir refaire le sol. L'étage fut en chantier jusqu'à hier (photo...).
Bref, pour le calme on repassera... Heureusement pour ma santé mentale depuis Mercredi et jusqu'à lundi je vis toute seule (enfin... Felix me tient compagnie en soirée) dans la petite maison où 2 volontaires habitent normalement (mais là ils sont partis aux Corn Islands) histoire que la maison ne reste pas vide trop longtemps (elle a été cambriolé 4 fois depuis le début de l'année!). Là c'est nettement plus calme et ça fait du bien pour un moment de ne pas vivre avec une dizaine de locataire, de pouvoir manger quand on veut et ce qu'on veut.... y compris les chocolats reçus pas colis et qui sont arrivés à point pour Pâques... hummmmm...
Sur ce, bon long WE de Pâques à tous, mangez plein de chocolat en pensant à moi qui pour une fois ici en mange aussi...

Thursday, 13 March 2008

expérimentations culinaires

Pour me guérir d'infections diverses, j'ai du prendre pas mal d'antibiotique à hautes doses. Je pense être remise mais il me reste maintenant à reconstruire mon systéme digestif que les antibiotiques ont mis KO..... Tout le monde me dis que les yahourts, c'est ce qu'il y a de mieux pour ça.... oui mais bon, ici, on est loin d'en trouver tout le temps. Ces petits pots sont très durs à trouver et ils ont tous des saveurs artificielles très chimique et sucrées, bref, je suis pas une grande fan et je donnerais limite un carré de chocolat pour un biofidus actif nature (je pensais pas que je dirais ça un jour).
Comme les yahourts ne manquent pas que à moi, on a décidé d'essayer d'en faire. Résultat: 6 litres de lait gachés... D'abord j'ai essayé avec un premier litre mais aller diviser un truc de la taille d'un doliprane de ferments lactiques bon pour faire cailler 50litres de lait en une portion valable pour un litre. Bref, forcément c'était raté parce que j'avais trop mis de cette pastille. Le lait a effectivement très bien pris (trop?) mais le goût et l'odeur était incroyablement.... horrible. C'est Susie qui l'a mangé avec dévotion et courage.... Susie étant notre chienne.... Je précise qu'elle n'a pas été malade.
Les 5 autres litres de lait ont caillé "par erreur" parce que quelqu'un a utilisé la même cuillère qui avait servi à mélanger le litre d'essais pour prélever la créme des 5 litres qui étaient en train de bouillir (le lait que l'on trouve aussi est du lait "frais" pas pasteurisé et sûrement pas UHT, on le fait donc bouillir dés qu'on l'achéte à des gamins dans la rue).... Ces 5 litres ont produit quelque chose qui pour moi ne ressemblait pas à grand chose mais Stéphanie dit que ça ressemblait à de la "brousse", espèce de fromage très frais de provence. Enfin c'était quelque chose qui donnait pas beaucoup envie d'être mangeait et du coup on en a utilisé une partie pour faire du gateau au yahourt (pas mauvais ma fois).....
Voilà, après ces échecs et le fait que le prix du lait a encore monté -il est quand même passé de 7 cordobas le litre à 10 cordobas depuis que je suis là, merci Felix (pas mon chéri, mais l'ouragan)- nous avons abandonné toutes idées de faire du yahourt... Pour l'instant... Nous sommes en train de militer auprés de Mathias (The Big Boss) pour acheter une vache (on met en valeur la biomasse et les économies de gaz qu'on pourrait faire) et un cochon (ça c'est pas pour le lait forcément mais c'est que Charles est en manque de saucisses grillées et autre charcuterie française).... Mathias n'a pas l'air emballé par l'idée bizarrement.... Affaire à suivre... ou pas...

Sunday, 9 March 2008

dia de la mujer

Notre énorme tablée à la Luna Ranch: de gauche à droite et de haut en bas: Les frères Craig: Mathias en vert et Guillaume et bleu - un bout de la table avec de gauche à droite Stéphanie, Pina, Nereïda, Lydia, Julie, Charles et François - Bruno qui pour une fois ne pose pas avec un balais dans l'atelier mais entouré d'Ilormi et de Stéphanie (sa copine) - Felix et moi (et François qui a l'air de s'ennuyer ferme)

Hier c'était la journée internationale de la femme et ici, ils prennent ça très au sérieux: petits cadeaux, félicitations dans la rue (j'y suis pourtant pas pour grand chose si je suis une femme!), beaucoup d'égards... Bref, une journée où les femmes sont reines et peuvent faire et demander tout ce qu'elles veulent (enfin c'est l'idée).
Ca a commencé par un verre de coca et des biscuits par la voisine, des colliers et bracelets par les fils de Pina (j'ai du les porter tout l'après midi pour leur faire plaisir mais disons que je les remettrais pas pour sortir...). Ensuite, on (les 3 volontaires filles que nous sommes avec Stéphanie et Julie et les 3 cuisinières Pina, Ilormi et Nereida) a reçu des chocolats et un shot de rhum par les frères Craig (mes boss pour ceux qui suivent pas). Là je me dois de vous rappeler que le chocolat est une denrée TRES RARE et que j'apprécie toujours autant donc bref, c'était vraiment le pied pour moi! Ensuite les cuisinières avaient cuisiné un repas qui sortait de l'ordinaire avec boulettes de viande et frites (et riz aussi parce que pas de riz au déjeuner c'est juste impensable). Çà c'est sous prétexte que le jour de la femme on doit manger mieux. Enfin, on a toutes les 6 plus Johana la secrétaire était invité au Luna Ranch, restaurant "culturel" où il y avait un spectacle (concert et spectacle de danse) en l'honneur des femmes....
Bref, la journée de la femme ici, c'est le top... pour les femmes et c'est à en espérer qu'il y en ai plus souvent.... Certains cyniques vous diront que c'est pour compenser un tantinet les 364 autres jours de l'année où les femmes sont victimes d'abus (ici sûrement plus qu'en Europe) dans cette société bien machiste... A méditer...
VIVE LES FEMMES!
L'événement culturel du mois voir du semestre: un groupe de musique dont le chanteur me faisait penser à ceux de Buena Vista Social Club - Samira (une copine à nous) faisant une démonstration de danse du ventre - Un danseur de Punta, danse traditionnelle de la communauté Garifuna (des indiens du coin) - Les musiciens l'accompagnant, les danseurs et les musiciens forment le groupe "spirit dancers", remarquez l'instrument dans lequel le gamin souffle, et oui, c'est un énorme coquillage mais ils arrivent à faire des notes avec!

Saturday, 16 February 2008

(in)Sécurité à Bluefields

Vous m'auriez demandé en 2007 si Bluefields était une ville sûre, je vous aurais répondu que oui... A ma connaissance, aucun problème à signaler... Bon, il y a bien un mec qui s'est fait tuer à la machette dans notre quartier, mais bon, sûrement un règlement de compte. Personne de mon entourage n'avait vraiment été touché par l'"insécurité", vols dans la rue, vol de maison, bagarre, agression....
Vous me posez la question aujourd'hui, ma réponse serait sûrement différente. Depuis le début de l'année, une petite maison que blueEnergy utilise pour héberger quelques volontaires s'est fait cambrioler 3 fois.... oui vous lisez bien, 3 fois.... Ho, pas grand chose à chaque fois vu qu'il n'y avait de toutes façons pas grand chose à voler... La première fois, ça a d'ailleurs été plus du vandalisme, ils ont seulement pris des seaux, cassé le toit (c'est pas là qu'ils sont rentré) et fait caca dans la maison (dégueu!). La seconde fois, alors même que nous étions en train de mettre en place des éléments de protection, de nouveau des gens non invités sont venus et ont pris les cables de cuivre (le cuivre est une denrée rare et chère ici). La troisième fois, ils ont carrément arraché une barre de fer sur la fenêtre de la cuisine pour pouvoir ensuite casser la fenêtre et ouvrir la porte: tout ça pour un ventilateur....
A chaque fois, cela ne parait pas grand chose mais ça met un peu la pression quand même... On se dit que l'endroit n'est pas sûr, les volontaires qui y vivent se demandent s'ils peuvent vraiment y laisser leurs affaires...
Les locaux sont d'accord que le/les coupable(s) sont sûrement connus de la police et des gens du quartier mais qu'il n'y a rien à faire.... Ici il y a un manque de confiance total en la police et en la justice, c'est assez impressionnant.
Que faire alors si la police et la justice ne donne rien: se protéger.... La petite maison ressemble maintenant presque à une forteresse: du grillage en fer sur toutes les fenêtres en plus des gros barreaux en fer, des gros portillons en fer devant toutes les entrées de la maison, du fil barbelé au dessus du grillage qui entoure le "jardin" de la maison. Il y aussi des discussions sur un éventuel garde de nuit voir 24H/24 de la maison.
Autre protection apparemment indispensable: un chien... A la casa bE nous avons déjà Suzy mais il en faut un pour la petite maison... C'est chose faite maintenant, pour la petite maison nous avons Jaja, en photo ci-dessus... Bon pour le moment elle est tellement petite et mimi que c'est plus un autre item à voler qu'une protection mais dans 2 ou 3 mois, elle pourra déjà faire assez de bruit et impression pour maintenir les indésirables dans la rue.
Si vous vous demandez pour son nom... En espagnol le rire ne s'écrit pas hihihi ou hahaha mais jajaja... De là vient le nom de notre nouveau/futur chien de garde. Jaja!

Sunday, 27 January 2008

Sur le chemin de l'atelier...

J'ai changé de bureau... Tout du moins j'ai laissé ma place dans le bureau surpeuplé de la casa bE pour aller faire mon trou dans la salle de cours attenante à l'atelier... Du coup, je fais le chemin 4 fois par jour, ça fait un peu de sport et ça me permet aussi de bronzer en espérant me "fondre" plus facilement à la foule locale (c'est loin d'être gagné).
Aller à l'atelier, ça commence chaque matin par un appel à la cantonade "qui va à l'atelier?" puis généralement une attente plus ou moins longue de quelques volontaires parfois associée à une attente pour la fin de la pluie. Quand on sort de la maison bE, on retrouve de suite l'ambiance du quartier, les gosses qui sont déjà dehors (surtout en ce moment, c'est les vacances), les femmes qui tirent de l'eau du puit ou qui lavent le linge, le bruit de la radio tonitruante des voisins...
On avance, beaucoup de végétation au début, on a du mal à se sentir vraiment en ville à part les nombreux taxis. Une petite courbe et on arrive à un petit cours d'eau. L'endroit pourrait tout juste être superbe si ce n'était pour tous les déchets que le cours d'eau contient. Attention à cet endroit, c'est toujours humide, ça glisse souvent!
On continuer, ça commence à monter... D'un coup, une ENORME maison de ciment peinte en jaune, par ici, elle fait allure de palace. Elle a même de vraies fenêtres avec des vraies vitres! Par là, il y a aussi un trottoir, chose assez rare sur ce chemin pour être notable, où on peut marcher sans peur des taxis, pour peu que personne n'y fasse sécher des frijoles (haricots sec rouges).
On est arrivé en haut de la colline et là se dévoile la lagune de Bluefields et plus loin "El Bluff" qui est une presqu'île entre la lagune et la mer des caraïbes, l'endroit pour se baigner par ici. Entre la côte et El Bluff on peut voir qu'ils commencent à mettre des poteaux pour connecter le village d'El Bluff au réseau d'électricité, ça n'a pas l'air d'avancer bien vite mais bon, l'idée est là...
Entre temps, on a généralement croisé quelques vendeurs ambulant qui crie dans la rue ce qu'ils vendent dans l'espoir d'amadouer le client... Peescadooo Peescadooo (poisson), Pati pati pati caliente pati pati caliente (des genres de ravioli à la viande hachée épicée), Moooooonnnnnnnndoonngo (des tripes)...
On a déjà commencé la descente, on passe devant l'université indienne et caribéenne de Bluefields, la BICU. Le campus est assez grand, avec pas mal de pelouse coupée à la machette par un employé local qui m'épate toujours. Si on regarde de l'autre coté, on peut voir une des 3 éoliennes de bE installées sur le campus de l'INATEC autour de l'atelier.
Et on marche toujours, les maisons font comme une mosaïque de toles ondulées, de planches en bois de différentes couleurs, de ce qu'on peut trouver en somme...
Pour peu que l'on fasse le chemin tout seul, on est souvent interpellés par des locaux qui nous sifflent (ce n'est pas avoir de mauvaises manières que de siffler un inconnu dans la rue par ici) ou nous lance des "hey gringita" (hey, petite américaine) parce qu'ici la plupart des blancs sont des USA. On peut aussi nous interpeller par des "bye" ou des "adios" ce qui peut être déconcertant au début quand on ne sait pas qu'ici "adios" se dit aussi en guise de bonjour.
Dernière courbe, on passe devant les 3 petites maisons de l'INATEC, 3 petites maisons vertes en ciment dont l'une a été "donnée" pour 5 ans à bE pour héberger des volontaires.
Une odeur de peinture, de diluant et d'huile monte, on arrive prés du garage à l'entrée du chemin de l'INATEC. On tourne et on passe devant l'entrée du garage. Toujours plein de voitures dans ce garage, elles se font peindre ou repeindre, pas de façons les plus discrètes. D'autres voitures sont surélevées, sans roues, capot de moteur ouvert... C'est moi où ces voitures sont là depuis que je suis arrivée il y a 4 mois?
On monte de nouveau, une espèce de petite rue en pavé. Des gamins arrêtent de jouer au foot pied nus dans la rue pour nous laisser passer. A notre droite un terrain de sport que je n'ai jamais vu non inondé, avec des buts qui rouillent et jamais personne qui l'utilise.
Nous arrivons à l'entrée de l'INATEC. Si les grilles sont fermées, il faut appeler le portier en agitant la poignée. Dernière montée fatidique en plein soleil pour arrivée à l'atelier, on entend déjà les machines. Les logos INATEC et BlueEnergy en grand sur le mur faisant fasse à l'entrée indiquent bien le chemin. On peut voir les 3 éoliennes maintenant, toutes ne marchent pas toujours, il faut changer quelques composants électroniques cramés par la foudre, faire des modifications au niveau du panneau de contrôle... pas mal de travail en perspective...
Nous sommes accueillis pas un nuage de poussière de bois et des "hola" et "buenas" et autres "buenos dias" de la part des travailleurs... Nous sommes arrivé, déjà en sueur... Au boulot!

Thursday, 20 December 2007

Posara



Ici les gens ont plutôt tendance a être bien croyant et il y a pas mal de traditions religieuses bien différentes de celles que l'on peut trouver en France. En ce moment, c'est à dire pendant les 10 jours qui précédent noël, ils font des "posaras".
Les posaras sont des espèces de processions religieuses (catholiques) qui se font de 4 à 5H30 du matin... Oui oui, vous lisez bien et je n'ai pas fait d'erreur, cela commence bel et bien à 4H du mat'! Chaque matin pendant 10jours donc, des gens se retrouvent vers 4H du matin au parque central et marche pendant une heure en alternant chants et prières vers un quartier différent chaque matin. Il faut dire que le bruit qu'ils font pendant la procession est assez impressionnant et je pense que ça pourrait énerver les habitants d'un quartier s'ils allaient toujours vers le même!
Avec Sarah, l'autre volontaire anglaise, on est toujours prête pour voir d'autres traditions mais là, on a du se motiver pour se dire de se lever à 4H du mat'. En tous les cas, une chose sûre depuis que l'on a appris l'existence de cette tradition: on allait en faire seulement une, un seul matin à se lever à une heure indue! On a choisi de le faire ce matin car ce matin la procession devait aller vers notre quartier.
Bref, debout à 3H45 du mat', attente du taxi, on passe passer Julie qui voulait tenté l'expérience aussi et hop, au parc à 4H15. On a encore attendue (pour changer!) et vers 4H45 départ de la procession avec fanfare et une statue de Marie et Joseph sur un coussin porté pas des enfants (sur la photo). On n'a pas eu de chance il a plus pas mal mais il y avait quand même vraiment beaucoup de gens.
A mi-chemin sur la route du parque central à chez nous, la procession c'est arrêtée et nous avons attendu sous la pluie comme tout le monde, sans comprendre (ça c'était seulement pour nous). Après 10 petites minutes, on a fini par demander à un quelqu'un ce qui se passait et si c'était fini. Il nous a expliqué qu'en fait maintenant il y avait une distribution de café pour tout le monde. Aussitôt dit, des gens sont arrivés avec des plateaux de sandwiches beurre-pain de mie. On a encore attendu un peu puis comme la pluie ne s'arrêtait pas et qu'on était quand même déjà bien trempées, on est rentré... Tout ça avant 6H! Je vous dis, ils sont bien motivés ici niveau religion, moi j'ai passé le reste de la journée à somnoler et eux, ils le font tous les matins pendant 10 jours!

Sunday, 9 December 2007

Purisima


Le 7 et 8 décembre au Nicaragua, et un peu toute la semaine aussi, ils célèbrent la vierge Marie ou plutôt le fait qu'elle soit née "sans péchés" c'est à dire qu'elle n'a pas eu de relations sexuelles pour avoir Jésus... Pendant cette période, ils commencent les célébrations par "¿Quién causa tanta alegría? ! La Concepción de María !" ce qui veut dire "qui donne autant de joie? la conception de Marie".
Enfin, le vendredi 7 était mi-férié (seulement férié l'après-midi) et le 8 aussi. Pendant ces 2 jours, les familles aisées et en vue de la ville organisent des célébrations religieuses dans leur maison avec des prières et des chants (sans prêtre). Pour y aller, il faut être invité ou avoir un ticket d'entrée. A la sortie, après environ 1H30 de prières et chants plus ou moins soporifiques, la famille distribue à tout le monde des friandises (caramels de lait, sucettes, chewing-gum, orange, chicha (espèce de boisson à base de mais et colorants...) et tout le monde s'en va avec son petit trésor. Ca ne va pas sans dire que les gamins essaient d'aller à autant de purisima qu'ils peuvent histoire d'avoir le plus de sucreries possible.
Nous, nous avons été invité par un des ouvriers de bE, Roger, qui organisait une purisima dans sa maison. En arrivant, il y avait pas mal de gens devant la porte à attendre de pouvoir rentrer, un peu comme dans une discothèque branchée. Nous sommes passé devant tout le monde, style VIP, car nous étions invité (la couleur bien plus blanche que la moyenne de notre peau ce qui fait qu'on nous reconnaît très vite comme Européens ou venant des Etats-Unis y a sûrement joué un peu aussi). Dans la salle, des chaises étaient installées en face d'une statue la vierge entourée de guirlandes lumineuses et autres accessoires: le summum du kitch comme vous pouvez le constater sur la photo...
Après environ 30min d'attente, les autres sont rentrés et la pièce était bondée de monde. Les prières et les chants ont commencé mais nous étions au dernier rang et on n'entendait pas grand chose. C'était par contre visible que bon nombre de personnes étaient là surtout pour les bonbons et pas tant pour célébrer la vierge Marie. La cérémonie a duré environ 1H30 dans une atmosphère assez étouffante. Dehors, la tradition veut qu'ils fassent péter un bon nombre de pétards pendant la cérémonie et je dois dire que la famille de Roger a été à la hauteur de ce coté là!
Dés la fin du dernier chant, ça a commencé à se bousculer pour aller au plus vite chercher les friandises. Pour la distribution, tous les membres de la famille organisatrice sont recrutés pour la distribution elle-même et aussi pour la gestion du flux de personnes... On a suivi tout le monde et comme tout le monde nous avons reçu une petite bassine avec sucettes, chewing-gums, oranges, caramels, biscuits de noix de coco... Dans la rue, nous étions tous avec notre petite bassine à goûter les choses qui étaient dedans et à s'émerveiller de toute cette tradition... 1H30 de célébration religieuse pour une petite bassine de bonbon... ça vaut le coup? En tous cas, vu le monde, c'est sûr que l'idée des friandises motive bien les gens, sûrement plus que ce que peut promettre l'église catholique à ceux qui vont à la messe!

Thursday, 1 November 2007

Le mataron a Max


Mardi, ici, c'était de nouveau férié et tous les volontaires, moi -en convalescence après mon WE malade- y compris nourrissions le doux espoir de pouvoir faire une grasse mat'..... Ce ne fut malheureusement qu'un espoir....
Vers 2H du mat, j'ai été réveillée par ma lampe qui s'est rallumée quand l'électricité est revenue, après 3H de coupure. Et oui, les coupures d'électricité sont assez fréquentes ici, en moyenne entre 5 et 20 par semaine, plus ou moins longues... Nous, on a la chance d'avoir un gros stock de batteries qui se rechargent sur le secteur et qui nous filent de l'électricité dés que le réseau est coupé donc en générale, on ne perd pas d'infos sur les ordinateurs. Par contre, je m'excuse d'avance pour tous ceux à qui je parle sur skype, ça fait bugger sérieusement la connection internet et la connection de skype n'y survit généralement pas....
Ensuite, un peu avant 5H du mat (il faisait encore nuit), réveil en sursaut par une musique très forte diffusée par un taxi au ralenti qui roulait toutes fenêtres ouvertes. Notez que je pense que s'il ne l'était pas avant, le chauffeur du dit taxi doit maintenant être sourd. Enfin, le taxi roulait bien lentement et a fait demi-tour devant chez nous, ce qui m'a laissé le temps de passer la tête par la fenêtre pour voir d'où le vacarme venait. Suivait ensuite une moto de police aux alarmes tonitruantes. Dans mon demi-sommeil, j'ai crus qu'il poursuivait le taxi mais non, les lois anti-bruit n'existent pas (encore?) ici et il suffit de passer un jour à Bluefields pour s'en rendre pleinement compte. Suivant le policier à moto, on avait une camionnette avec une plateforme arrière et sur cette plateforme, une batterie et un mec qui jouait de la grosse caisse. Cette mini-cavalcade de réveil se refermait avec un autre taxi tout aussi tonitruant que le premier. Ils sont repartis comme ils étaient arrivés et je n'ai pas encore bien compris l'utilité de la chose en ce jour férié.
Apparemment, la procession de 5H du mat avait bien réussi à faire lever le voisinage et c'est vers 7H qu'on a de nouveau été réveillé par des enfants du quartiers qui appelaient Sébastien. Ils l'ont appelé pendant une demi-heure et ne lâchaient pas l'affaire donc il a fini par se lever. Moi là j'étais complètement réveillée et j'ai entendu Sébastien descendre leur parler.... Il n'a pas fallu longtemps pour comprendre, la première chose qu'ils lui ont dit fut "le mataron a Max" d'une même voix mêlée de tristesse et d'un je ne sais quoi d'excitation.... Ils ont tué Max, c'est ce qu'ils disaient. Max, c'était un de nos chiens, le frère de Suzy avec qui il faisait bien des bêtises et notamment poursuivaient les passants (avec une préférence marquée pour les gamins) dans la rue comme des dératés.... La veille, j'avais eu des commentaires de 2 mecs passablement éméchés comme quoi nos chiens étaient mauvais et je n'ai pas bien compris le reste mais le ton n'était pas des meilleurs. Du coup quand j'ai entendu "ils ont tué Max" j'ai quand même un peu flipper. Mais non, Max a "juste" était renversé par un taxi pendant la nuit.
Comment je sais que c'est un taxi? C'est qu'ici, comme il n'y a pas de route qui sorte ou arrive à Bluefields, il y a très très peu de voitures privées et 95% de ce qui roule avec un moteur et 4 roues sont des taxis. Toujours la même voiture, interdites dans tout le reste du pays pour sa mauvaise tenue de route au dessus des 50km/h mais autorisées ici vu qu'on a peut de chance de dépasser les 50km/h en pleine ville. Elles sont plus ou moins (généralement PLUS) tunées et costumizées. Les chauffeurs roulent comme des tarés (je ferme souvent les yeux pendant le trajet pour éviter de voir ce qui va se passer quand un gamin traverse la rue sans regarder et que le taxi ne semble ni dévier ni freiner)... Je n'ai toutefois pas encore vu d'accident et Max a été ma première vision de chien mort sur la route....
Enfin voilà, en ce jour férié de mardi, tous les volontaires étaient debout à prendre leur petit-déj' à à peine 8H du mat.... de quoi profiter pleinement de la journée ensoleillée (hé oui, toujours pas de pluie...).

Saturday, 13 October 2007

Anniversaire de Bluefields



Alors jeudi ici c'était férié pour cause d'anniversaire de la ville. Au programme, 2 défilés, un avec les fanfares de la villes et l'autre avec les groupes de danse, et surtout, la présentation des postulantes au titre très prisé de Miss Bluefields. Plus plein d'activités autour du "parque central", au coeur de la ville en face de la mairie.



Bon, nous on est parti trop tard et du coup on a loupé le défilé des fanfares. Mais bon, on est arrivé au parc vers midi juste pour mangé. Au menu, une spécialité locale, le baho, genre de pot au feu avec viande de boeuf, platano (ces bananes sallées) et yuka (=manioc), le tout avec un peu de colorant. Ils ont l'air assez fan des colorants alimentaire par ici, surtout le rose, moi bizarrement ça me donne moyen envie les bananes roses mais bon, on fait avec ce qu'on a et en fait le baho était hyper bon.

Ensuite, on s'est baladé dans le parc, et là je dois vous dire que j'aimerais grandement être beaucoup plus bronzée.... Ici, au milieu d'une population majoritairement de couleur, on ne passe pas inaperçu, c'est le moins qu'on puisse dire. En fait, tout le monde nous regarde, des gamins se retournent sur notre passage. Et alors une fois qu'on sort l'appareil photo, rien ne va plus. C'est courant que des gamins nous demandent de les prendre en photos, avec les numériques, ça leur plait, il peuvent se voir tout de suite. Ca leur fait plaisir et à nous aussi donc on le fait souvent....

Les mecs se sont aussi laissé tenté par une autre spécialité, une espèce de glace faite devant vous à base de glace pilé et d'épais sirop (pas naturel) de fruit avec en plus, à la demande, du lait concentré. Le tout fait un cocktail hyper sucré et du coup pas si rafraichissant. Moi j'ai évité, on ne sait pas vraiment d'où vient l'eau pour la glace et mon ventre n'est pas encore bien entrainé à tout les dangers de l'eau non filtrée d'ici...
Ensuite, c'était le défilé avec pas mal de groupe de danse et énormément de couleur, de bruits (les percussions...), le tout dans un joyeux désordre, c'était tout simplement génial!




Ensuite, retour vers le parc pour une petite bière à l'ombre puis on a assisté à la présentation des postulantes au titre très prisé de Miss Bluefields. Là, on a remarqué dans la foule 2 filles qui s'y fondaient aussi mal que nous. J'ai été leur parler et on a sympathisé (ça rapproche d'être étranger dans un endroit qui en compte si peu) et du coup on les a invité à diner le soir!