Ces jours ci il me semble que la politesse, c'est quelque chose de culturel... Ici, c'est courant et tout à fait acceptable de siffler quelqu'un dans la rue. On peut l'interpeller à coup de « adios » (ils disent adios pour dire bonjour par ici, va comprendre) ou de « bye » pour les créoles, « gringos » ( pour des personnes venant des Etats-Unis mais ici pratiquement tous les gens blanc viennent de là-bas donc par extension, un blanc est généralement appelé gringo qu'il vienne ou non des USA), « chela » (blanche). Il faut dire que le filles se font en général plus interpeller que les mecs mais les Nicaraguayennes ne sont pas en reste niveau sifflement dans la rue. Pour rendre cela plus affectueux/mignon ou pour des personnes de petites tailles, le suffixe « ita » est souvent ajouté à la fin, cela donne « hola gringita » ou « adios chelita »....
Au début, c'est assez déstabilisant, je dois dire que je ne sais toujours pas bien si je dois répondre à des gens qui m'appellent mon amour dans la rue. Les locaux ont généralement du mal à comprendre notre étonnement à ce sujet... Ils ont aussi du mal à comprendre qu'on ne sifflerait JAMAIS au grand jamais un inconnu dans la rue même si c'était l'homme de nos rêves. Pour eux, c'est juste un compliment... En y réfléchissant, c'est vrai que si ça met mal à l'aise, attendez que plus personne dans la rue ne vous interpelle comme ça et cela vous déroutera encore plus... Après tout, si on le prend avec le sourire c'est plutôt bon pour la confiance en soit.
Les surnoms pour appeler une connaissance sont aussi quasi obligatoires et peuvent parfois paraître blessants pour un outsider. Ainsi appeler quelqu'un “gordito” (gordo voulant dire gros, le “ito” étant le suffixe affectueux marquant l'affection ou la petite taille) est tout à fait normal et accepté ici. Le surnom que j'ai reçu d'Ilormi, une des femmes qui nous fait la cuisine le midi et lave notre linge, c'est « chaparrita », au début j'aimais bien, ça sonnait bien... Puis un jour j'ai décidé de chercher ce que ça voulait dire dans un dictionnaire.... Résultat, « chaparra » signifie « boulotte » et bien que le « ita » se veut être un diminutif affectueux, ça fait bizarre de se dire qu'on vous appelle « boulotte »... Je me suis plainte gentiment pour qu'on me change mon surnom, mais tous les locaux m'ont affirmée que je ne devais pas m'en offusquer, que c'est juste affectueux.
J'ai reçu un autre surnom d'Allen, le chef de la communauté de Monkey Point qui se fait un point d'honneur à donner des surnoms à chaque volontaire de blueEnergy.... Pour moi il n'en avait pas trouvé jusqu'au jour de la soirée d'adieu de Rémi. Il était là pendant les préparatifs et il était là quand j'ai allumé le four.... Le four à gaz qui avait une fuite.... Il était là quand le four a explosé avec ma tête dedans (faut bien vérifier qu'il s'allume une fois qu'on lâche l'allumette dedans).... Bref, maintenant pour Allen je suis « la chica explosiva » or « explosiv girl » cela dépend s'il parle en espagnol ou en anglais créole.
De tous ces surnoms, je dois dire que celui que je préfère celui qu'on m'a donné en France, Choupette!