Saturday, 30 August 2008

Mon parapluie


Oui c'est sûr avec un titre pareil je ne vais pas vous écrire un grand article plein de philosophie.... Je voulais écrire un truc plus léger après tout ce temps et donc voilà....
Sur la photo, c'est moi mais surtout c'est mon parapluie.... Je l'ai acheté du fait de la saison des pluies.... Les pluies sont diluviennes ici et s'il n'y avait que mon petit moi à protéger, je ferais sans parapluie et avec ma veste imperméable qui prend l'eau.... mais le fait est que je transporte mon ordi tous les matins et tous les soirs de la maison au bureau... Le trajet c'est 10min de marche et sachant qu'on peut prendre réellement une douche sous la pluie ici en 3 à 5min (si si, vous pouvez demander à C., il l'a fait pendant une longue panne d'électricité qui empêchait la pompe à eau de marcher...), je vous laisse imaginer l'état de mon sac officiellement non imperméable après 10min de marche sous une pluie diluvienne....
Donc voilà le pourquoi du parapluie.... je pense avoir trouvé le plus grand de la ville qui me donne un air de champignon.....
Bon maintenant forcément, depuis que je l'ai, il ne pleut presque plus, mais je me mets à la tradition locale: j'utilise mon parapluie comme ombrelle pour quand le soleil tape (c'est à dire toujours quand il ne pleut pas...). J'y croyais pas mais c'est fou comme il fait plus frais sous son parapluie!

Sunday, 17 August 2008

Au bureau de police

Donc.... où en étais-je.... Ha oui, l'attaque...
Le lendemain, j'ai décidé d'aller à la police porter plainte. Nous sommes donc allé avec I., subdirecteur de bE (et Bluefieldegno), et M. J'étais partie pour une demie-journée (au moins) d'attente et de passage dans différents bureaux mais c'était sans compter sur la présence d'I. qui connaît pas mal de monde ici dont le chef de la police à Bluefields et ça, forcément, ça aide. Résultat, à peine 10 minutes après être entrés, nous étions déjà en train de donner notre déposition à un policier qui écrivait sur une machine à écrire de l'après guerre.
Je n'ai pas pu prendre de photo mais l'endroit mérite une bonne description: le bureau des dépositions est partagé en plus petits bureaux avec des cloisons à hauteur d'homme style "open office". Chaque "box" est juste assez grand pour loger une table et une chaise. La table doit être de la taille d'un double format A3 au grand maximum et il ne faut pas être trop gros pour espérer pouvoir s'asseoir sur la chaise devant la table sans devoir pousser la cloison. Il y a une bonne demi douzaine de "box" comme ça dans le bureau. Sur chaque table, une machine à écrire, pas d'ordinateurs en vue. Vu que la machine à écrire n'est pas une top moderne de la dernière génération, elle prend tout l'espace de la table et il faut dont la lever et la mettre de coté pour pouvoir poser des papiers sur la table et les faire signer. Voilà pour la description physique des lieux.
Nous avons donc été donner notre déposition le matin puis nous sommes aller trouver un des témoins qui nous avaient dit la veille qu'il viendrait déposer si nous décidions de porter plainte. Il s'avère qu'I. connaît aussi cet homme là ce qui a de nouveau rendu les choses bien plus faciles et rapides.
Si rapides même que dans l'après midi la police nous appelait déjà pour nous demander de revenir au poste identifier l'homme qu'ils avaient arrêté sur les dires du témoin. Nous y sommes donc retournés, accompagnés cette fois aussi de S. qui n'avait pas encore fait sa déposition. A peine arrivés à la police, le policier qui avait pris notre déposition le matin commence à nous faire un sermon véhément sur notre manque de bon sens et la stupidité de se balader la nuit seules, il continue sur le même ton en nous disant que le mec qu'ils ont arrêté est un type dangereux qui aurait pu nous faire bien plus que nous voler comme nous couper la main, la gorge ou une oreille (dans cette ordre...). Après cette (nécessaire???) élocution quelque peu intimidante, il nous demande si on veut identifier l'homme et ouvre tout simplement la porte du bureau des déposition, où l'homme qu'il nous a décris comme très dangereux est juste là, assis sur une chaise bien sûr SANS menottes, sans rien.... Si ce n'était pas pour les drogues qu'il avait dans son sang et qui l'assommaient (a priori l'homme est un drogué), l'homme en question aurait très bien pu nous voir, graver nos visages dans sa mémoire.... on peut imaginer le pire, ou pas, c'était juste très loin de la vision des films et téléfilms où on vous demande d'identifier l'agresseur derrière un miroir sans teint avec une rassurante cloison entre vous et lui.
Mais le plus incroyable était encore à venir: le policier voyant S. lui demande de faire sa déposition. Elle est d'accord et donc il nous fait rentrer dans le bureau et prend sa déposition (qui inclue, nom complet, adresse, numéro de téléphone, numéro de passeport...) avec S. assise juste à coté de l'agresseur qui oscille sur sa chaise sous les effets des drogues. Pendant sa déposition, un autre policier arrive et commence à draguer ouvertement S.... Imaginez vous la scène, nous encore sous le choc du sermon du policier en train de faire une déposition en essayant d'oublier la présence du criminel juste à coté pendant qu'un policier fait des compliments à S. tout en lui demandant si elle est libre!
Enfin bref, la conclusion de la journée c'est que même si aucune de nous pouvons affirmer que l'homme arrêté par la police est bien un des 2 qui nous a attaqué, c'est un délinquant en moins dans les rues de Bluefields... La suite de l'histoire ce sera pour plus tard, quand le procès se fera. Comme je suis encore ici jusqu'à au moins octobre 2009, j'espère pour la justice du Nicaragua que le procès se fera avant et dans ce cas là je devrais aller témoigner...
C'est comme ça que pour un petit porte monnaie un jeune homme va passer un bon temps (bon dans le sens de long mais certainement pas d'agréable parce que je ne pense pas que la prison de Bluefields a quelconque ressemblance avec un camp de vacances ou même à une prison française) à l'ombre... c'est comme ça qu'on gagne une guerre? Personnellement oui parce qu'il va être puni pour le vol de mon porte monnaie. Pour la communauté, sachant que les services d'aides aux prisonniers, d'aide à la réinsertion ne sont encore qu'un rêve par ici, j'ai comme un doute.

Monday, 4 August 2008

Bluefields la nuit...

De jour, photo prés de l'endroit de l'attaque...
.... Ben c'est pas très sexy ni romantique Bluefields la nuit....
Et oui, mon retour de vacances fut dur, le lendemain de mon arrivée je me suis faite attaquée dans la rue par 2 mecs probablement drogués....
Ne vous inquiétez pas, "NO HAY FALLA" comme ils disent ici, je vais bien, tout va bien. Ils en voulaient juste après mon porte monnaie qui devait dépasser de la poche de mon jean.
En (bien plus de) 2 mots: on revenait de boire un coup avec S. et M., il était seulement (première erreur) 22H et on marchait sans bien faire attention autour de nous (seconde erreur, que dis-je, énorme bourde). 2 mecs se sont approchés sans qu'on y fasse attention, un m'a arrêtée mais j'ai cru que c'était juste un type bourré qui voulait me toucher les seins (courant malheureusement par ici à ces heures là).
Mais bon, quand j'ai fait mine de l'écarter il a tenu bon. S'en est suivi d'un bataille sans grand suspens (je n'aurais même pas parié sur moi) entre lui qui me fouillait les poches et en même temps me tenait les 2 bras (je n'écarte pas l'idée d'avoir été attaquée par un allien à au moins 3 bras) et moi qui avait l'idée fixe de le morde pour me défendre (haaa la panique ça vous fait faire des choses bizarres). Pendant ce temps là non loin de là.... son "collègue" paradait devant les filles avec machette à la main histoire de les dissuader de venir à mon secours. De nouveau rassurez vous, il ne s'en ai pas du tout servi...
Comme vous vous en doutez, le méchant a gagné (mais juste cette bataille) et il est parti en courant avec son copain accompagné de mon porte monnais, peut-être de mon bracelet (je suis pas sûr s'il l'a pris où si je l'ai perdu dans la pseudo lutte) et une partie de mon T-shirt (juste le bas pour ceux que ça pourrait inquiéter, j'étais tout de même convenable dans la rue)....
Bizarrement, aucune de nous ne peut se souvenir des visages des agresseurs et aucune de nous n'a pensé à crier... je crois... parce qu'en fait tout c'est passé si vite que les souvenirs sont flous. Bizarrement aussi on a continué à marcher jusqu'à ce que la pluie nous persuade de prendre un taxi.
Tout de même, lueur d'espoir dans ce monde de brutes, avant de monter dans le taxi, un groupe de personnes qui avaient vu la scène de loin (mais qui ne sont pas venus nous aider!) nous ont dit de repasser le lendemain si on décidait d'aller à la police pour qu'ils puissent témoigner...
Et voilà, de nouveau, seulement des pertes matérielles donc de ce coté là rien de bien grave et puis il faut voir le bon coté des choses, maintenant je fais beaucoup plus attention à mes alentours quand je suis dans la rue et je prends un taxi après 20H pour me déplacer... Et puis, au final, je vais gagner la guerre mais je vous en dirais plus là-dessus dans le prochain poste...

Friday, 1 August 2008

Ce n'était qu'un rêve? Les questions

Ca fait presque un mois maintenant que j'ai eu LA grande nouvelle au sujet de F. et moi et je me pose toujours des questions:
Ma plus grande question est que je ne comprends pas pourquoi il continuait de me dire qu'il m'aimait, que je lui manquais quand j'étais en voyage et toutes sortes de phrases gentilles si il n'y croyait pas lui même. A cette question que je lui ai posé il a répondu que c'était pour ne pas me faire mal. Mais comment quelqu'un peut-il vraiment penser que c'est moins douloureux d'apprendre après des semaines, des mois voir des années que son partenaire en fait ne l'aimait plus depuis déjà un bon bout de temps? Et vraiment, de ce que je sais (certe pas tellement sur le sujet), l'autre fini toujours un jour ou l'autre par savoir qu'on lui a menti...
Dans le même genre, pourquoi il n'a pas arrêté tout avec moi quand je lui en donnais l'opportunité? Une hypothése qui coure par ici est que les gens n'ont pas tendance à être célibataire. En fait, ils ont l'air d'avoir peur d'être célibataire ici... Je m'explique: bien que peut-être ils n'aiment plus leur partenaire du moment, ils vont rester avec jusqu'à trouver quelqu'un d'autre juste pour ne pas avoir à passer par la case célibat... En regardant les interactions hommes-femmes par ici à Bluefields, c'est une hypothése qu'on ne peut pas écartée bien que ce ne soit certainement pas une qui me réchauffe le coeur.
Puis viennent les questions sur le nombre incalculable de choses qu'un mec d'ici peut vous déclarer si rapidement (d'autres volontaires et moi en ont fait l'expérience). Notez que je ne sais pas du tout si les femmes d'ici font pareil... Ils vont vous déclarer leur amour passioné juste pour pouvoir avoir un rendez-vous. Au premier rendez-vous, une femme pourra certainement entendre qu'elle est la plus belle des femmes du monde et que son galant n'a jamais aimé quelqu'un comme ça avant. Au second rendez-vous, la même femme aura sûrement droit à une discussion sur le sérieux de leur relation et quelques plans pour le futur à moyen terme. Au troisième rendez-vous c'est bien possible qu'on la demandera en mariage de façon détournée. Des phrases comme "prend bien soin de toi parce que s'il t'arrivait quelque chose je ne pourais pas continuer à vivre" ou "tu es la princesse de mon coeur"... sont juste des "standards" par ici pour les premiers jours d'une relation et plus si tout va bien. En fait, toutes ces phrases que nous "n'attendons" pas avant plusieurs semaines, mois voir même années de relation sérieuse en Europe ou aux US se donnent ici comme on embrasse quelqu'un pour lui dire bonne nuit.... Pourquoi? Est-ce que les mecs croient vraiment ce qu'ils disent? Mais alors ils devraient apprendre au bout de 2 ou 3 relations passagéres à calmer leur ardeurs verbales. Ou alors ils n'y croient même pas mais alors pourquoi ils le disent? traditions? Pour faire plaisir à la personne qui leur fait face? Pour arriver à leur fin (c'est à dire le lit de la belle) plus vite? M. et moi avons essayé d'obtenir une réponse à cette question en explicant à F. ces différences entre notre culture du nord et la leur mais nous n'avons obtenue aucune réponse valable, en fait F. n'avait même pas l'air de comprendre le pourquoi de nos questions...
De là découle une autre question: jusqu'à quel point doit-on croire son partenaire? Jusqu'à il y a peu, je vous aurez répondu direct que pour avoir une bonne relation saine, une entière confiance est nécessaire... et c'est ce que j'ai fait, j'ai fait confiance à F. ... et je suis tombée de haut. Alors quoi? Doit-on toujours avoir des doutes quand son partenaire nous dit qu'il nous aime? Quand il ne passe pas la nuit avec vous? Quand il ne vous dit pas exactement tout ce qu'il fait après le travail? Oui mais en même temps il faut bien laisser un peu d'espace privé à chacun... mais alors comment ne pas devenir complétement fou si on ne fait pas confiance à son partenaire? L'unique solution serait-elle d'avoir une confiance en soi à toute épreuve? (si c'est le cas j'ai pas beaucoup d'espoir!)
Un autre tradition locale (apparement) est le nombre de partenaires (en même temps ou enchaînés à une vitesse folle les uns aprés les autres) que les femmes et hommes d'ici ont l'air d'avoir. Est-ce que le concepte "une personne à la fois et si possible pour toute la vie" est juste un cliché d'enfant gaté du nord élevé aux comptes de fées (avec une bonne proportion de christianisme)? Ici ils n'ont pas l'air de penser ni de planifier beaucoup en avance, ils n'attendent pas des mois pour s'assurer que leur relation va dans une bonne direction (et pas dans le mur) pour prendre des décisions assez importantes comme eménager ensemble ou avoir des gamins (il faut ajouter pour ce dernier que le manque incroyable d'éducation sexuelle n'aide pas du tout à planifier la création des bébés). C'est étrange pour moi que n'importe qui puisse s'engager dans ces (grandes) voies sans s'arreter pour d'abord y penser. Une nouvelle fois, c'est peut-être juste le fait de mon éducation qui me fait penser ça. Je connais des histoires d'amis d'amis qui ont eu le coup de foudre ou ce genre de chose, mais dans mon cercle de personne que je connais en France ou en Australie, ces histoires là sont plutôt l'exeption alors qu'ici c'est plutôt la norme... Mais bon en même temps, c'est peut-être simplement une autre façon de voir les choses, pas meilleure ni pire que ce à quoi j'ai été habituée, simplement différente, plus libre, sans autant de soucis (enfin, de ce que les gens laissent transparaitre), pas autant de prise de têtes....

Et j'ai toujours une dernière question: Pourquoi? Pourquoi ça c'est fini entre F. et moi? Aurais-je pu faire les choses différement pour que ça marche mieux? Mais je sais qu'à cette question je n'aurais sûrement jamais de réponse parce qu'il est simplement impossible de donner une explication logique à ce genre de chose... C'est trés frustrant mais en même temps, le fait que ces choses là ne peuvent s'expliquer de façon logique, c'est peut-être ce qui fait la beauté des relations amoureuses.... quand tout va bien...