Sunday, 27 January 2008

Sur le chemin de l'atelier...

J'ai changé de bureau... Tout du moins j'ai laissé ma place dans le bureau surpeuplé de la casa bE pour aller faire mon trou dans la salle de cours attenante à l'atelier... Du coup, je fais le chemin 4 fois par jour, ça fait un peu de sport et ça me permet aussi de bronzer en espérant me "fondre" plus facilement à la foule locale (c'est loin d'être gagné).
Aller à l'atelier, ça commence chaque matin par un appel à la cantonade "qui va à l'atelier?" puis généralement une attente plus ou moins longue de quelques volontaires parfois associée à une attente pour la fin de la pluie. Quand on sort de la maison bE, on retrouve de suite l'ambiance du quartier, les gosses qui sont déjà dehors (surtout en ce moment, c'est les vacances), les femmes qui tirent de l'eau du puit ou qui lavent le linge, le bruit de la radio tonitruante des voisins...
On avance, beaucoup de végétation au début, on a du mal à se sentir vraiment en ville à part les nombreux taxis. Une petite courbe et on arrive à un petit cours d'eau. L'endroit pourrait tout juste être superbe si ce n'était pour tous les déchets que le cours d'eau contient. Attention à cet endroit, c'est toujours humide, ça glisse souvent!
On continuer, ça commence à monter... D'un coup, une ENORME maison de ciment peinte en jaune, par ici, elle fait allure de palace. Elle a même de vraies fenêtres avec des vraies vitres! Par là, il y a aussi un trottoir, chose assez rare sur ce chemin pour être notable, où on peut marcher sans peur des taxis, pour peu que personne n'y fasse sécher des frijoles (haricots sec rouges).
On est arrivé en haut de la colline et là se dévoile la lagune de Bluefields et plus loin "El Bluff" qui est une presqu'île entre la lagune et la mer des caraïbes, l'endroit pour se baigner par ici. Entre la côte et El Bluff on peut voir qu'ils commencent à mettre des poteaux pour connecter le village d'El Bluff au réseau d'électricité, ça n'a pas l'air d'avancer bien vite mais bon, l'idée est là...
Entre temps, on a généralement croisé quelques vendeurs ambulant qui crie dans la rue ce qu'ils vendent dans l'espoir d'amadouer le client... Peescadooo Peescadooo (poisson), Pati pati pati caliente pati pati caliente (des genres de ravioli à la viande hachée épicée), Moooooonnnnnnnndoonngo (des tripes)...
On a déjà commencé la descente, on passe devant l'université indienne et caribéenne de Bluefields, la BICU. Le campus est assez grand, avec pas mal de pelouse coupée à la machette par un employé local qui m'épate toujours. Si on regarde de l'autre coté, on peut voir une des 3 éoliennes de bE installées sur le campus de l'INATEC autour de l'atelier.
Et on marche toujours, les maisons font comme une mosaïque de toles ondulées, de planches en bois de différentes couleurs, de ce qu'on peut trouver en somme...
Pour peu que l'on fasse le chemin tout seul, on est souvent interpellés par des locaux qui nous sifflent (ce n'est pas avoir de mauvaises manières que de siffler un inconnu dans la rue par ici) ou nous lance des "hey gringita" (hey, petite américaine) parce qu'ici la plupart des blancs sont des USA. On peut aussi nous interpeller par des "bye" ou des "adios" ce qui peut être déconcertant au début quand on ne sait pas qu'ici "adios" se dit aussi en guise de bonjour.
Dernière courbe, on passe devant les 3 petites maisons de l'INATEC, 3 petites maisons vertes en ciment dont l'une a été "donnée" pour 5 ans à bE pour héberger des volontaires.
Une odeur de peinture, de diluant et d'huile monte, on arrive prés du garage à l'entrée du chemin de l'INATEC. On tourne et on passe devant l'entrée du garage. Toujours plein de voitures dans ce garage, elles se font peindre ou repeindre, pas de façons les plus discrètes. D'autres voitures sont surélevées, sans roues, capot de moteur ouvert... C'est moi où ces voitures sont là depuis que je suis arrivée il y a 4 mois?
On monte de nouveau, une espèce de petite rue en pavé. Des gamins arrêtent de jouer au foot pied nus dans la rue pour nous laisser passer. A notre droite un terrain de sport que je n'ai jamais vu non inondé, avec des buts qui rouillent et jamais personne qui l'utilise.
Nous arrivons à l'entrée de l'INATEC. Si les grilles sont fermées, il faut appeler le portier en agitant la poignée. Dernière montée fatidique en plein soleil pour arrivée à l'atelier, on entend déjà les machines. Les logos INATEC et BlueEnergy en grand sur le mur faisant fasse à l'entrée indiquent bien le chemin. On peut voir les 3 éoliennes maintenant, toutes ne marchent pas toujours, il faut changer quelques composants électroniques cramés par la foudre, faire des modifications au niveau du panneau de contrôle... pas mal de travail en perspective...
Nous sommes accueillis pas un nuage de poussière de bois et des "hola" et "buenas" et autres "buenos dias" de la part des travailleurs... Nous sommes arrivé, déjà en sueur... Au boulot!

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