Début mai, nous avons eu une grève des transports. Les transporteurs de marchandise, de gens... manifestaient contre la hausse massive du prix du carburant. Résultat, Bluefields était comme assiégée.
De l'extérieur, plus aucun bateau d'approvisionnement (je rappelle qu'il n'y a aucune route pour arriver ou partir de Bluefields, tout se fait par la mer ou le fleuve) n'arrivait. Du coup le réapprovisionnement des magasins ne se faisait plus et il manquait encore plus de choses que d'habitude à Bluefields (plus de beurre!).
A l'intérieur, plus de transport c'est à dire plus de taxi ni bus. Comme les voitures particulières sont très rares, les rues étaient étrangement calme. La ville était toute comme paralysée. La grève a duré une dizaine de jours, des jours de folies, imaginez vous refaire l'approvisionnement d'une maison où logent et mangent plus de 30 personnes sans taxi.... Mais bon, voilà, nous avons fait face, bE a loué une voiture particulière pour les plus grandes nécessités et pour les autres choses, nous avons usé nos semelles et nos bras...
Mais cette grève est juste la pointe la plus visible de la crise énergétique du Nicaragua. Le Nicaragua importe tout son pétrole. Le Nicaragua produit aussi la majorité de son énergie à partir du pétrole. Certes le bon copain Chavez en fournit à bas prix mais cela n'empêche que les prix de tout, de l'électricité pour la lumière, au sac de riz en passant par les haricots secs et les trajets en pangua, tous ces prix augmentent furieusement... Et la population a du mal à suivre car forcément les salaires n'augmentent pas en suivant la même courbe que le prix du pétrole.
Pour vous donner une idée un peu plus précise, le prix de l'essence ici est à peu prés le même que le prix de l'essence en France, mais un salaire "normal" d'ici est de seulement une centaine d'euros par mois. Autre exemple, résultat cumulé de la hausse du prix de l'énergie, du prix du transport et de la réduction des terres produisant des denrées alimentaire au profit de celle produisant du bio carburant, le prix des frijoles, ces haricots rouges traditionnel de la nourriture d'ici, a augmenté de façon drastique jusqu'à environ 3€ le kilo. Une partie de la population a du faire une croix dessus ou réduire grandement sa consommation. Ca peut paraître bénin de ne plus manger de ces haricots (surtout si comme moi vous n'aimez pas vraiment ça) mais c'est tout le régime alimentaire d'une grosse communauté qui se déséquilibre avec ce manque.
Une solution? Non, plutôt plein de petites mesures qu'il serait bon de prendre avant qu'il ne soit trop tard... Ismael par exemple pense à acheter un cheval pour remplacer sa moto, manger moins de viande pour réduire les pâturages et terres cultivées pour de la nourriture pour le bétail au profit de cultures alimentaire pour les humains, économiser l'énergie, troquer ses méthodes de production d'énergie sales et dépassées pour des énergies renouvelables là où c'est possible/nécessaire.... blueEnergy et d'autres y travaillent... www.blueenergy.fr
1 comment:
Ismael à cheval ? Wouah, j'ai trop hâte de voir ça !
Have fun, profite bien de tes vacances !
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